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Antoine Cornic : parcours du skipper en IMOCA

12 octobre 2026 24 min de lecture Mis a jour 12 octobre 2026
Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

En bref

  • Antoine Cornic, né le 4 janvier 1980 à Drancy, a construit son parcours de course au large par étapes, entre la classe Mini, la restauration sur l’île de Ré et un projet IMOCA lancé en 2020.
  • Son bateau monocoque, mis à l’eau en 2006 sous le nom de Spirit of Canada, a demandé plusieurs années de chantier avant de devenir Ebac puis Human Immobilier.
  • Sa qualification pour le Vendée Globe 2024-2025 s’est appuyée sur des transatlantiques courues entre 2021 et 2024, malgré un démâtage, une avarie et une traversée marquée par la dengue.
  • Il a bouclé son premier Vendée Globe à la 28e place en 96 jours, 1 heure et 59 secondes, un résultat enregistré en février 2025.

Antoine Cornic, un skipper formé tôt par la régate et le large

Le parcours d’Antoine Cornic ne démarre pas dans l’IMOCA. Il commence sur l’eau, bien avant les budgets de course au large, les chantiers composites et les routes vers les mers du Sud. Né le 4 janvier 1980 à Drancy, il grandit dans une famille où la Voile tient une place concrète. Son père a navigué au sein de l’équipe de France de 470 durant les années 1970. Sa mère pratiquait le Moth-Europe. Son frère Laurent poursuivra lui aussi un parcours de régatier.

Cette origine familiale éclaire une différence importante dans sa trajectoire. Antoine Cornic ne se dirige pas prioritairement vers la régate olympique, faite de parcours courts, de départs serrés et de réglages très fins. Il se tourne vers la navigation au large, où le skipper doit rester seul avec son bateau, une météo changeante et un niveau de fatigue qui ne cesse de monter. Cette préférence pour les longues distances a structuré ses choix ultérieurs.

Avant la mer, il pratique aussi le judo et obtient un titre de champion de France junior en 1997. Il joue également au rugby, jusqu’à reprendre comme pilier droit au Stade niortais après 2015. Ces disciplines ne suffisent pas à expliquer une carrière de navigateur, mais elles donnent un cadre. Un projet solitaire de plusieurs semaines demande de tenir un rythme, de gérer une douleur et de continuer à décider quand le corps ne fournit plus sa réponse habituelle.

Son premier engagement sérieux dans la course au large arrive sur le circuit Mini. Entre 2000 et 2001, il navigue sur Oceanic, un prototype de 6,50 mètres issu d’un plan Finot-Conq de 1995. La Mini Transat est une école rude pour un futur skipper IMOCA. Les bateaux sont courts, rapides, peu confortables et le règlement impose une traversée en solitaire. La taille réduit les marges de manœuvre, tandis que la distance entre l’Europe et les Antilles ou le Brésil impose déjà une véritable autonomie.

En 2001, Antoine Cornic termine 10e sur 33 prototypes de la Mini Transat. Ce résultat est obtenu dans une édition dirigée vers le Brésil, remportée par Yannick Bestaven. Les deux hommes se connaissent depuis cette période. La relation compte, non comme un argument d’image, mais parce que la course au large se construit aussi par des échanges techniques, des convoyages et une compréhension partagée de ce que réclame un projet de plusieurs années.

La Mini Transat pose une première base de méthode. Il faut préparer le bateau, trouver des partenaires, établir un calendrier, naviguer sans assistance et accepter qu’une panne puisse modifier tout le programme. Le classement est visible. Le travail en amont l’est beaucoup moins. Ce point devient central dans la suite du parcours de Cornic, qui connaît très tôt les difficultés liées au financement.

Au début des années 2000, il envisage déjà le Vendée Globe 2004. Le projet reste sans suite. Une tentative de record en solitaire sur l’Atlantique Nord en Mini se termine par une casse du bateau en 2003, puis par la perte du sponsor. Pour un navigateur non adossé à une grande structure, une avarie mécanique produit immédiatement une conséquence financière. Le calendrier sportif se bloque, les équipiers changent de projet et le temps de recherche de partenaires remplace les jours de navigation.

Cette première interruption explique pourquoi son accès à l’IMOCA est plus tardif que celui de nombreux concurrents du Vendée Globe. Elle ne traduit pas une absence d’ambition. Elle montre plutôt le coût réel d’un projet de course au large. Le bateau ne suffit jamais. Il faut disposer du financement du chantier, des voiles, de l’équipe technique, de l’assurance, des convoyages, de la logistique de course et des périodes sans résultats médiatiques.

La navigation reste toutefois présente. Installé sur l’île de Ré, Antoine Cornic devient restaurateur à partir de 2004. Il ouvre un premier établissement, puis un second. Cette période familiale et professionnelle éloigne temporairement le skipper du circuit, mais elle ne ferme pas la porte au large. Il revient à la classe Mini en 2016, avec le prototype Follow Me, un plan Manuard de 2009.

Ce retour est préparé sans raccourci. En 2017, il termine 11e sur 25 prototypes de la Mini Transat à bord de Destination Île de Ré. Le résultat est proche de celui de 2001, mais le contexte a changé. Il a alors 37 ans, une famille, des activités professionnelles et une expérience différente du temps long. La reprise ne repose plus sur l’élan d’un jeune coureur. Elle repose sur une décision structurée.

Le passage de la Mini au bateau monocoque de 60 pieds ne relève donc pas d’un changement de catégorie immédiat. Il procède d’une accumulation. Deux Mini Transat, des abandons de projet, une activité à terre, puis une seconde campagne forment une expérience plus solide que ne le laisse croire une simple liste de résultats.

Le retour à la Mini Transat avant le projet IMOCA d’Antoine Cornic

Le retour d’Antoine Cornic sur le circuit Mini, à partir de janvier 2016, constitue un point de bascule. Il ne s’agit pas seulement de reprendre une activité sportive. Cette campagne permet de vérifier si la navigation solitaire reste compatible avec une vie familiale, une activité de restauration et un objectif bien plus large. Un projet IMOCA demande plusieurs années pleines. La Mini sert alors de terrain d’évaluation, à une échelle financière et technique plus réduite.

Le prototype 759 Follow Me, dessiné par Manuard et mis à l’eau en 2009, donne à Cornic un support compétitif. Il obtient une 3e place sur 10 prototypes lors de la Pornichet Sélect 6.50 en 2016. L’année suivante, il prend la 7e place du Trophée Marie-Agnès Péron sur 18 bateaux, puis la 10e place de la Mini-Fastnet, courue avec son frère Laurent. Ces résultats ne valent pas une sélection automatique vers les grandes classes, mais ils démontrent une capacité à revenir dans le rythme de la régate.

La Mini Transat 2017 reste la référence de cette deuxième période. Antoine Cornic s’y classe 11e sur 25 prototypes. Ce rang doit être lu avec mesure. Sur ce type de transatlantique, le classement dépend de la vitesse du bateau, de la préparation, des options météorologiques et de la capacité à maintenir le matériel en état. Une traversée réussie n’est pas uniquement celle qui finit devant. C’est aussi celle qui arrive avec un marin encore capable de manœuvrer et un bateau dont les systèmes principaux ont tenu.

À trois mois du départ, le navigateur arrête le rugby pour éviter une blessure. La décision paraît simple sur le papier. Elle traduit pourtant une règle de préparation applicable à toute campagne longue. Lorsque la date de départ approche, une activité qui expose aux traumatismes inutiles doit être mise de côté. Une entorse, une fracture ou une luxation peut arrêter un projet construit pendant deux ans. Sur un calendrier de course au large, le risque personnel doit être évalué comme le risque technique.

Le projet prend une direction nette après cette deuxième Mini Transat. Antoine Cornic revend l’un de ses restaurants et choisit de consacrer davantage de temps au Vendée Globe. Cette décision ne transforme pas immédiatement le navigateur en professionnel disposant d’un budget complet. Elle rend le projet possible. La présence d’Ebac, partenaire déjà impliqué en Mini, donne ensuite une continuité financière et une première crédibilité au programme.

La recherche d’un IMOCA s’oriente vers un bateau d’occasion. Ce choix mérite d’être précisé. Un 60 pieds récent doté de foils puissants et conçu pour les dernières générations de course représente un investissement très élevé, tant à l’achat qu’en exploitation. Un monocoque plus ancien peut rendre l’entrée dans la classe possible, mais il impose souvent un chantier long. Le prix initial est une donnée incomplète. Il faut regarder l’état de la structure, l’historique des mâts, les systèmes hydrauliques, l’électronique, le jeu de voiles et les travaux de conformité réglementaire.

En février 2020, Cornic achète O Canada, connu auparavant sous le nom de Spirit of Canada. Dessiné par le cabinet Owen Clarke et mis à l’eau en 2006, le voilier a notamment été barré par le Canadien Derek Hatfield. Il s’agit d’un IMOCA d’ancienne génération, conçu avant les foils massifs des unités les plus modernes. Son architecture ne lui donne pas les mêmes potentiels de vitesse qu’un bateau neuf de 2024. En revanche, sa construction jugée solide et sa disponibilité ouvrent une voie réaliste vers le Vendée Globe.

Le voilier devient Ebac, puis Human Immobilier en octobre 2022, lorsque ce partenaire prend le rôle de sponsor titre. Ce changement de nom ne doit pas masquer la continuité du programme. La même coque reste le support d’un apprentissage progressif. Le skipper, son équipe et le bateau évoluent ensemble, course après course.

Le chantier à La Rochelle réclame une organisation précise. Les premières navigations doivent être suivies d’essais en faux solo, c’est-à-dire avec un accompagnant discret capable d’intervenir si une difficulté majeure survient. Le bateau doit ensuite réaliser des parcours de qualification et participer à des transatlantiques. Cette progression reste plus prudente que l’image parfois donnée par la course au large. Avant de courir seul sur 24 000 milles autour du monde, il faut d’abord savoir réparer, dormir, manœuvrer et maintenir un 60 pieds sur une traversée plus courte.

Le travail avec Jean-Charles Luro, boat captain et co-skipper, prend ici une place déterminante. Luro possède déjà l’expérience de neuf projets IMOCA. Sur un bateau ancien remis à niveau, cette compétence ne se limite pas à la navigation. Elle touche au suivi de chantier, à la préparation des pièces de rechange, aux procédures de sécurité et au contrôle quotidien des zones sollicitées.

Le choix d’un IMOCA d’occasion fixe aussi une limite. Un bateau rénové ne devient pas un bateau neuf par la seule force du chantier. La stratégie de course doit intégrer cette réalité. Il faut préserver la machine, éviter les surcharges inutiles et accepter qu’une position de course ne justifie pas toujours un risque de casse. La préparation de Cornic se comprend à partir de cette contrainte matérielle.

Human Immobilier, un IMOCA ancien confronté aux chantiers et aux avaries

Le projet IMOCA d’Antoine Cornic s’est construit autour d’un voilier dont l’histoire précède largement son arrivée à bord. Spirit of Canada, devenu O Canada, puis Ebac et Human Immobilier, est un 60 pieds lancé en 2006. En 2026, cette ancienneté compte. Les IMOCA les plus récents disposent de foils, de cockpits protégés, de systèmes de performance et de configurations pensées pour maintenir des vitesses élevées pendant plusieurs semaines. Un bateau de 2006 ne joue pas dans la même catégorie de développement.

Cette différence n’interdit pas de prendre le départ d’un Vendée Globe. Elle oblige à établir un programme cohérent. Une coque plus ancienne peut être robuste, réparée et fiable, mais elle demande une attention soutenue. Le skipper doit connaître la fatigue des pièces, les zones ayant déjà subi des efforts importants, l’âge des équipements et les compromis engendrés par chaque modification.

La première grande difficulté survient lors d’un convoyage vers la Méditerranée. Le bateau démâte au cap Finisterre. Cette zone située à l’ouest de l’Espagne concentre régulièrement un vent fort, une mer croisée et des effets de relief qui rendent les passages exigeants. Une perte de mât ne se règle jamais en commandant simplement une pièce identique. Dans ce cas, Cornic récupère le mât-aile de rechange de l’IMOCA Initiatives-Cœur de Samantha Davies.

Le nouveau mât n’est pas interchangeable avec l’ancien. Son installation impose un chantier d’adaptation. Les cadènes doivent être modifiées et des outriggers mis en place. Ces éléments latéraux contribuent à tenir le gréement et à répartir les efforts. Un changement de mât engage donc la structure entière du bateau. Chaque liaison entre le gréement, la coque et le pont doit être contrôlée. Sur un monocoque de 60 pieds, une erreur de conception ou de montage peut produire une avarie à des centaines de milles d’un abri.

Le mot « chantier » recouvre ici des réalités très concrètes. Il faut sortir le bateau, inspecter les stratifications, commander les pièces, organiser l’intervention d’artisans spécialisés, vérifier les jauges de sécurité et remettre l’ensemble à l’eau avec assez de temps pour tester. Une préparation réduite à l’apparence extérieure du voilier ne permet pas de mesurer ce travail. La performance dépend aussi de ce qui reste invisible sous les ponts et dans les cloisons.

Le calendrier de compétition montre une progression parfois difficile. Lors de la Transat Jacques-Vabre 2021, courue en double avec Jean-Charles Luro, Ebac prend la 20e place sur 22 IMOCA après 24 jours, 22 heures, 58 minutes et 32 secondes. Le rang est modeste, mais l’arrivée apporte des informations précises sur les systèmes du bateau, les habitudes de bord et les décisions de route. Une transatlantique achevée constitue un contrôle grandeur nature que les essais côtiers ne remplacent pas.

Année Épreuve Format Résultat Lecture du parcours
2021 Transat Jacques-Vabre Double 20e sur 22 Première grande traversée du projet Ebac avec Jean-Charles Luro
2022 Bermudes 1000 Race Solitaire 20e sur 24 Accumulation de milles qualificatifs et retour d’expérience
2022 Vendée-Arctique Solitaire 16e sur 25 Progression sur un parcours nord-atlantique exigeant
2022 Route du Rhum Solitaire 22e sur 38 Première grande transatlantique sous le nom Human Immobilier

En 2022, Human Immobilier termine 22e sur 38 IMOCA dans la Route du Rhum, après 14 jours, 7 heures, 34 minutes et 25 secondes. Cette course reste un repère pour comprendre le projet. Partir seul de Saint-Malo vers la Guadeloupe exige d’emporter de quoi réparer, manger, communiquer et maintenir le bateau en mouvement. Une place au classement compte. Le fait d’achever la traversée avec une unité ancienne mise à niveau compte aussi.

La comparaison avec les skippers de dernière génération doit donc être conduite avec prudence. Les écarts de vitesse ne viennent pas uniquement de la qualité du marin. Ils proviennent de la date de conception, du budget voile, des foils, des moyens d’équipe et du nombre de jours de navigation accumulés. Le parcours de Boris Herrmann en IMOCA illustre, à une autre échelle, l’importance de cette structure technique autour d’un projet de haut niveau.

Pour Cornic, l’objectif n’est pas de masquer l’écart entre générations de bateaux. Il est de faire progresser le sien assez vite pour répondre aux exigences de qualification et de fiabilité. Ce choix conduit à une campagne où chaque arrivée construit davantage que le seul résultat affiché.

Les transatlantiques d’Antoine Cornic, entre qualification et résistance physique

Après les premiers chantiers et les courses de 2021 et 2022, Antoine Cornic entre dans une phase où chaque épreuve doit préparer le Vendée Globe. La sélection pour l’édition 2024-2025 ne repose pas sur une simple inscription. Le navigateur doit satisfaire aux critères fixés par l’organisation, participer aux courses retenues et démontrer sa capacité à conduire son IMOCA dans un cadre solitaire ou en équipage réduit.

La Transat Jacques-Vabre 2023 représente une étape de plus. Courue avec Jean-Charles Luro, elle se termine à la 30e place sur 40 IMOCA, après 17 jours, 7 heures, 35 minutes et 15 secondes. Le résultat est inférieur aux attentes de performance, mais la course remplit sa fonction de préparation. Elle expose l’équipage à la durée, aux manœuvres répétées et à une route transatlantique suffisamment longue pour révéler les faiblesses du matériel.

Le duo Cornic-Luro compte dans cette période. La course en double permet de partager les quarts et les manœuvres. Elle ne réduit pas pour autant les exigences. Sur un 60 pieds, un changement de voile, une intervention sur le pont ou la gestion d’un pilote automatique demandent des procédures claires. Lorsqu’un membre de l’équipage est fatigué ou indisponible, l’autre doit pouvoir prendre le relais sans hésitation.

En décembre 2023, Cornic s’aligne au départ du Retour à la Base, course en solitaire entre Fort-de-France et Lorient. La traversée devient un test physique brutal. Le skipper souffre de la dengue, maladie virale transmise par des moustiques. Fièvre, courbatures et épuisement rendent les manœuvres beaucoup plus difficiles. Il achève pourtant la course à la 26e place sur 32, en 12 jours, 13 heures, 19 minutes et 23 secondes, pour une vitesse moyenne annoncée de 11,61 nœuds sur le parcours théorique.

Cette séquence doit être regardée avec précision. Elle ne doit pas servir à valoriser le fait de naviguer malade. En mer, un état physique dégradé altère le jugement, augmente le risque de chute et rend toute réparation plus lente. La course au large comporte une culture de résistance, mais elle ne dispense pas d’une évaluation médicale. Les décisions concernant une maladie, un traitement ou une évacuation relèvent des médecins de course et des services de secours compétents, pas d’un récit de performance.

Le parcours de qualification se poursuit au printemps 2024 avec The Transat, entre Lorient et New York. Cette transatlantique devait consolider la préparation du skipper avant le tour du monde. Deux jours après le départ, Human Immobilier est couché par une rafale. L’axe de tête de voile et une pièce liée à la voile J3 sont endommagés. Cornic abandonne le lendemain.

Un abandon à ce stade pourrait être interprété comme une rupture. Dans le cadre de la qualification, la situation est plus nuancée. Le parcours requis est déjà suffisamment avancé pour permettre au navigateur de répondre aux conditions d’accès au Vendée Globe. Il est officiellement qualifié avant le départ du 10 novembre 2024. Le renoncement sur The Transat est alors une décision technique cohérente. Continuer avec une tête de voile endommagée sur un IMOCA engagé vers l’Atlantique Nord aurait exposé le bateau à une aggravation de l’avarie.

Lorsqu’un élément du gréement ou de la tête de voile est atteint, la priorité n’est pas de sauver une position de course. Il faut préserver le bateau et le skipper pour la suite du programme.

Cette logique rejoint celle des navigations côtières, à une autre échelle. Un départ doit toujours être remis en cause lorsque la météo, l’état de l’équipage ou un défaut matériel dépassent les capacités de réponse du bord. Pour une navigation de plaisance, le bulletin de Météo-France, la distance à un abri et l’armement réglementaire restent les bases. Pour un IMOCA engagé au large, les mêmes principes existent, avec des moyens et des conséquences beaucoup plus lourds.

Le projet Cornic est aussi révélateur de la frontière entre amateurisme au sens financier et pratique de haut niveau. Le navigateur n’arrive pas sur la ligne de départ avec un programme développé pendant dix ans par une grande écurie. Il arrive après plusieurs années de travaux, de partenaires successifs et de milles accumulés sur un bateau ancien. Cette réalité donne un sens particulier à la qualification.

La préparation des transatlantiques montre enfin que la course au large ne dépend pas seulement de la vitesse. Il faut savoir interrompre une course, revenir au chantier, réparer puis repartir. Les résultats de 2023 et 2024 préparent directement la seule échéance qui reste alors au calendrier, le Vendée Globe.

Le Vendée Globe 2024-2025 et la place d’Antoine Cornic dans l’IMOCA

Antoine Cornic prend le départ du Vendée Globe le 10 novembre 2024 aux Sables-d’Olonne. Le format ne laisse aucune ambiguïté. Cette course autour du monde se dispute en solitaire, sans escale et sans assistance. La route théorique dépasse 24 000 milles nautiques, soit environ 44 400 kilomètres. Selon les trajectoires, les dépressions évitées et les zones d’exclusion, la distance réellement parcourue peut être supérieure.

Pour un skipper qui a acheté son IMOCA quatre ans plus tôt, la présence au départ représente l’aboutissement d’une suite de décisions matérielles et humaines. Il a fallu remettre le bateau à niveau, retrouver un mât après le démâtage, courir plusieurs transatlantiques, tenir un programme de partenaires et franchir les étapes de sélection. Le départ ne garantit rien. Il donne seulement accès à la partie la plus exigeante du projet.

Human Immobilier appartient alors à une génération de bateaux qui ne vise pas les mêmes vitesses qu’un IMOCA récent à foils. Le skipper doit donc composer avec une marge réduite face aux unités les plus modernes. Cette différence influence la stratégie. Chercher à maintenir une vitesse trop élevée dans une mer formée peut provoquer une casse dont les conséquences dépassent largement le gain de quelques milles. La gestion du bateau devient une navigation de conservation autant qu’une régate.

Le tour du monde impose aussi de traverser plusieurs zones aux contraintes très différentes. L’Atlantique Sud demande de gérer les alizés, les dépressions et la chaleur. L’océan Indien et le Pacifique Sud placent les concurrents dans des mers longues et des systèmes dépressionnaires rapides. Le cap Horn marque le retour vers l’Atlantique, mais pas la fin des difficultés. Les remontées vers l’équateur et le golfe de Gascogne restent capables de modifier un classement jusqu’aux derniers jours.

Dans ce contexte, une position au classement ne peut pas être détachée du temps de course et de l’état du matériel. Cornic termine son premier Vendée Globe à la 28e place, après 96 jours, 1 heure et 59 secondes. Son arrivée intervient le 14 février 2025 selon les données publiées par l’organisation du Vendée Globe. Cette durée correspond à plus de trois mois de solitude, de manœuvres et de veille, sur une machine dont le skipper doit être à la fois navigateur, réparateur et gestionnaire d’énergie.

La 28e place ne change pas rétroactivement les écarts de performance observés face aux bateaux de dernière génération. Elle valide cependant la capacité du projet à aller au bout. Dans la course au large, finir un tour du monde sans escale ne constitue jamais une formalité. Les avaries de voile, de pilote automatique, de quille, de gréement ou d’électronique peuvent rendre la poursuite impossible. Le résultat doit donc être lu comme celui d’un équipage à terre, d’un budget tenu et d’un skipper qui a conduit son bateau jusqu’aux Sables-d’Olonne.

La comparaison avec d’autres trajectoires permet de situer cette performance. Certains concurrents arrivent dans la classe après des années de Figaro, de Solitaire du Figaro, de multicoques ou de projets IMOCA neufs. D’autres, comme Cornic, utilisent une unité plus ancienne et construisent progressivement leur structure. Le niveau de la classe reste commun, mais les moyens de départ ne sont pas identiques. Le parcours de Yoann Richomme montre une autre voie, portée par un palmarès et un développement technique différents.

La course 2024-2025 donne aussi un éclairage sur la place des IMOCA d’ancienne génération. Ils ne sont pas condamnés à disparaître du circuit. Ils restent des plateformes de formation, de qualification et de compétition. Leur limite apparaît lorsque la mer et le vent permettent aux foilers modernes de voler longtemps. Leur intérêt demeure dans leur capacité à rendre un projet possible avec un budget inférieur à celui d’une campagne neuve.

Pour le lecteur qui suit la course au large, le parcours d’Antoine Cornic fournit une grille simple. Il faut regarder l’année du bateau, son historique de chantier, le nombre de courses terminées, la stabilité des partenaires et les avaries rencontrées. Un classement isolé ne raconte pas ce chemin. La fiche de résultats doit être replacée dans les contraintes du matériel et du calendrier.

Cette trajectoire se termine provisoirement par une arrivée, non par une promesse abstraite. Entre la Mini Transat 2001 et le Vendée Globe achevé en février 2025, vingt-quatre années ont été nécessaires pour transformer un premier rêve de large en tour du monde terminé.

Quand Antoine Cornic a-t-il terminé son premier Vendée Globe ?

Antoine Cornic a terminé le Vendée Globe 2024-2025 le 14 février 2025. Il a pris la 28e place après 96 jours, 1 heure et 59 secondes de course.

Quel IMOCA navigue Antoine Cornic ?

Il navigue sur Human Immobilier, un IMOCA plan Owen Clarke mis à l’eau en 2006. Le bateau a notamment porté les noms de Spirit of Canada, O Canada et Ebac avant de devenir Human Immobilier.

Quel a été le parcours d’Antoine Cornic avant l’IMOCA ?

Son parcours passe par deux campagnes de Mini Transat, en 2001 puis en 2017, ainsi que par une activité de restaurateur sur l’île de Ré. Il a également pratiqué le judo et le rugby.

Pourquoi Antoine Cornic a-t-il abandonné The Transat en 2024 ?

Deux jours après le départ, son IMOCA a été couché par une rafale. L’avarie a touché l’axe de tête de voile et un élément associé à la voile J3, ce qui a conduit à l’abandon le lendemain.