OUTIL · SÉCURITÉ ET MÉTÉO
Check-list de départ : la veille au soir on vérifie, le matin on n’invente plus rien.
Une check-list ne remplace pas l’expérience, elle remplace la mémoire à cinq heures du matin. Choisissez le profil de votre sortie : chaque ligne arrive avec la source qui la fonde, l’armement réglementaire est séparé de la préparation, et la liste s’imprime avec ses dates de relevé.
Votre sortie
Les listes mer suivent les zones de navigation qui déterminent l’armement de sécurité obligatoire, mesurées en distance à un abri. Un abri est un lieu où le bateau et l’équipage peuvent réellement se mettre en sécurité, compte tenu de la météo, de l’état de la mer et des caractéristiques du bateau.
Choisissez un profil et générez la liste. Les lignes réglementaires sont marquées et comptées séparément ; le bouton d’impression ouvre la boîte de dialogue du navigateur, qui permet aussi d’enregistrer en PDF.
Comment lire cette liste
Les lignes portant une référence à la division 240 relèvent du texte réglementaire applicable aux navires de plaisance de moins de vingt-quatre mètres. Elles sont opposables en contrôle et engagent le chef de bord. Les autres lignes relèvent de la préparation : elles n’ont pas de valeur réglementaire, elles évitent seulement de partir sans ce qui manquera.
La dotation de sécurité en mer est cumulative. La zone de moins de deux milles d’un abri appelle la dotation basique ; de deux à six milles, la dotation côtière ajoute au basique ; de six à soixante milles, la dotation semi-hauturière ajoute à la côtière ; au-delà de soixante milles, la dotation hauturière complète encore. C’est la distance à un abri qui commande, pas la longueur du bateau ni la durée prévue de la sortie.
Cette liste est un mémo de préparation, pas le texte réglementaire. Un armement obligatoire évolue, une pyrotechnie périme, un radeau de survie a une date de révision, et c’est le texte en vigueur au jour de votre sortie qui fait foi. Reportez sur votre exemplaire imprimé la date à laquelle vous avez consulté la source officielle : le champ est prévu pour ça.
Un point sur lequel les sources divergent : selon les publications, la dotation semi-hauturière est présentée soit comme exigeant une VHF fixe, soit comme laissant le choix entre une VHF fixe et un complément pyrotechnique de trois fusées à parachute et deux fumigènes. Vérifiez ce point précis dans le texte avant d’armer votre bateau, plutôt que de vous fier à cette page.
Vous ne partez pas si une seule ligne de sécurité reste décochée, si personne à terre ne connaît votre itinéraire et votre heure limite de retour, ou si les conditions relevées le matin même diffèrent de celles sur lesquelles vous aviez construit la sortie.
Ce que le matériel ne fait pas
Il n’ouvre aucune fenêtre météo, ne relève aucun bulletin d’avalanche et ne remplace aucune formation. Sur toute pente non sécurisée, le trio détecteur, pelle et sonde n’a de valeur qu’associé à une formation et à un entraînement régulier à la recherche, et il ne rend pas praticable une pente que le bulletin déconseille. En mer, un armement complet ne transforme pas un bateau de catégorie de conception C en bateau de traversée.
Numéros et procédures
En montagne, l’appel de secours passe par le 112, numéro d’urgence européen, qui bascule vers le service compétent. En mer, l’appel passe par le CROSS, joignable par VHF sur le canal 16 et par le 196 depuis un téléphone. Annoncez votre position, la nature du problème, le nombre de personnes à bord ou dans le groupe, et l’état des personnes, puis restez à l’écoute.
Questions fréquentes sur l’armement et la préparation
Qu’est-ce qu’un abri au sens de la réglementation ?
Un abri est un lieu où le bateau et l’équipage peuvent réellement se mettre en sécurité, en mouillant, en accostant ou en débarquant, compte tenu de la météo du moment, de l’état de la mer et des caractéristiques du bateau. Ce n’est donc pas une notion géographique fixe : un mouillage ouvert au vent du jour n’est pas un abri ce jour-là, même s’il en est un le reste de la saison.
La dotation dépend-elle de la taille du bateau ?
Non, elle dépend de la distance à un abri à laquelle vous naviguez. Un petit bateau qui s’éloigne à dix milles doit l’armement semi-hauturier ; un grand bateau qui reste en rade doit le basique. La division 240 s’applique aux navires de plaisance à usage personnel ou de formation de moins de vingt-quatre mètres de coque.
L’annuaire des marées est-il obligatoire partout ?
Il est exigé dans la dotation basique hors Méditerranée, où le marnage est négligeable. Cela ne dispense évidemment pas de connaître les hauteurs d’eau du jour là où elles conditionnent un passage : la contrainte de franchissement d’un seuil existe indépendamment de l’obligation d’avoir l’annuaire à bord.
Que vaut une check-list cochée ?
Elle vaut ce que vaut la vérification qu’elle atteste. Cocher une ligne sans avoir ouvert le coffre ne prouve rien et donne une fausse assurance, ce qui est pire que pas de liste du tout. L’usage utile est de vérifier physiquement chaque point la veille au soir, puis de relire la liste au départ, sans rien cocher de mémoire.
Faut-il déclarer sa sortie à quelqu’un ?
Ce n’est pas une obligation, c’est la mesure qui déclenche les secours quand vous ne pouvez plus les appeler vous-même. Communiquez à une personne restée à terre l’itinéraire ou la route prévue, le nombre de personnes, et surtout l’heure limite au-delà de laquelle elle doit alerter. Sans cette heure, l’information ne sert à rien.
À lire ensuite
Météo marine : lire un bulletin avant de prendre la mer
Calculer votre heure de demi-tour
Calculer votre créneau de marée
Ouvrir la rubrique Sécurité & météo
Armement de sécurité : division 240 relative à la sécurité des navires de plaisance de moins de 24 mètres. Texte en vigueur à consulter sur Légifrance et sur le portail du ministère chargé de la mer ; synthèses consultées en août 2026 sur Nootica et Cap Nautique. Conditions du jour : Météo-France pour les prévisions et la météo marine, le bulletin d’estimation du risque d’avalanche par massif, le SHOM pour les marées et la cartographie.
