OUTIL · MONTAGNE ET RANDONNÉE

La durée annoncée sur le topo n’est pas la vôtre.

Un temps de course se calcule à partir de la distance, du dénivelé et de l’allure réellement tenue, pauses comprises. Cet outil applique la méthode Munter et rend ce qui compte vraiment le jour même, l’heure à laquelle vous faites demi-tour.

Votre course

Reprenez la distance et le dénivelé positif de l’aller sur votre trace ou votre topo. Le dénivelé négatif du retour est supposé égal au dénivelé positif de l’aller, cas d’un aller-retour ou d’une boucle équilibrée.

Renseignez votre course, puis lancez le calcul. L’outil rend la durée de montée, la durée de descente, le total pauses comprises, et l’heure de demi-tour compatible avec votre heure limite de retour.

La méthode Munter, en clair

La méthode ramène une course à un nombre d’unités de marche. Une unité vaut un kilomètre à plat ou cent mètres de dénivelé. Le total d’unités se divise ensuite par un rythme horaire qui dépend du mode de progression, quatre unités par heure en montée à pied, six en descente à pied, dix en descente à ski. Cette approche donne une durée de mouvement, à laquelle il faut ajouter les pauses.

L’allure du groupe module ce rythme. Un groupe hétérogène avec du portage tourne autour de quatre-vingts pour cent du rythme de référence, un pratiquant entraîné sur terrain connu peut tenir cent vingt pour cent. Le rythme retenu est celui du plus lent du groupe, jamais la moyenne, parce que c’est lui qui fixe l’heure de retour.

L’heure de demi-tour se fixe au départ, pas au sommet. Elle se calcule en retranchant la durée de descente et une réserve de trente minutes à votre heure limite de retour. Passé cette heure, vous redescendez quel que soit l’écart au sommet, parce que la décision prise en altitude après six heures d’effort n’est pas la même que celle prise au parking à jeun.

Vous ne partez pas si la durée calculée dépasse le temps disponible avant votre heure limite, si le regel attendu n’est pas au rendez-vous sur une course qui en dépend, ou si le bulletin d’avalanche du massif interdit l’orientation et la pente de votre itinéraire.

Ce que le calcul ne voit pas

La méthode Munter ignore le terrain technique. Un passage d’escalade, une arête effilée, une traversée de névé dur, un couloir à crampons ou une file d’attente au rappel ajoutent un temps qui ne se déduit ni de la distance ni du dénivelé. Elle ignore aussi la qualité de la neige, qui peut doubler une durée de montée en trace profonde, et l’altitude, qui pèse au-dessus de trois mille mètres sur un pratiquant non acclimaté. Sur une course engagée, comparez toujours le résultat au temps donné par un topo récent et gardez le plus long des deux.

Sources à consulter avant le départ : prévisions montagne par massif de Météo-France, bulletin d’estimation du risque d’avalanche sur le portail montagne. Les valeurs affichées par défaut dans le formulaire sont des exemples de saisie.