Contenu rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle.

DOSSIER · MONTAGNE ET HISTOIRE

Histoire de la conquête de l’Everest : la montagne a été mesurée soixante-dix ans avant d’être gravie.

L’altitude du sommet est calculée en 1852, depuis une table de trigonométrie, par un mathématicien qui ne l’a jamais vu. La première expédition de reconnaissance date de 1921, le premier sommet certain du 29 mai 1953. Entre les deux, sept expéditions, deux versants, une guerre mondiale et une disparition jamais élucidée.

01 La mesure précède l’approche de soixante-neuf ans.

02 Le versant change en 1950, et c’est ce qui débloque tout.

03 Après 1953, l’enjeu se déplace du sommet vers la manière.

CE QUE VOUS TROUVEREZ ICI

Une chronologie, et ce qu’elle explique.

Ce dossier suit la conquête de l’Everest dans l’ordre où elle s’est faite, de l’identification du sommet par la mesure jusqu’aux ascensions qui ont redéfini l’exigence après 1953. Il retient les dates établies et nomme ce qui reste incertain, à commencer par la disparition de Mallory et Irvine.

01

1852 — 1865

Identifié par le calcul, nommé par convention.

Le calcul de 1852 Le sommet est identifié comme le plus haut connu à partir des relevés du Grand Levé trigonométrique des Indes. Les calculs qui établissent son altitude sont attribués au mathématicien Radhanath Sikdar. À ce stade, aucun Européen ne s’en est approché, et la montagne ne porte qu’un numéro de relevé.

Le nom de 1865 Andrew Waugh, arpenteur général britannique des Indes orientales, lui donne le nom d’Everest, d’après son prédécesseur George Everest. La montagne porte pourtant déjà des noms locaux, Sagarmatha au Népal et Chomolungma au Tibet. Une campagne indienne a plus tard proposé de la renommer d’après Sikdar, sans succès, la montagne n’étant pas en territoire indien.

Ce que cela change Pendant soixante-neuf ans, l’Everest est un objet de cartographie et non d’alpinisme. Le Népal et le Tibet sont fermés aux étrangers, et l’approche est un problème diplomatique avant d’être un problème technique.

02

1921 — 1938

Sept expéditions par le Tibet, aucun sommet.

1921, la reconnaissance La Royal Geographical Society obtient l’autorisation d’explorer la montagne. L’expédition n’a pas pour objet le sommet mais l’accès : trouver par où l’on pourrait monter. Elle identifie l’itinéraire du col Nord, sur le versant tibétain.

1922, la première tentative Les premières bouteilles d’oxygène apparaissent en expédition, et avec elles la controverse sur leur légitimité qui traversera tout le siècle. La saison se termine par une avalanche qui tue sept porteurs sherpas.

1924, la disparition Edward Norton atteint 8 570 mètres sans oxygène, un record d’altitude qui tiendra jusqu’en 1952. Le 8 juin, George Mallory et Andrew Irvine disparaissent en montant. Nul ne sait s’ils ont atteint le sommet, et cette incertitude n’a jamais été levée.

Ce que les découvertes ont apporté Le corps de Mallory est retrouvé en 1999 sur le versant nord. En septembre 2024, une expédition sous la face nord conduite par l’alpiniste et cinéaste Jimmy Chin a découvert une vieille chaussure à semelle cloutée, avec une chaussette étiquetée au nom d’Irvine. Aucune de ces trouvailles ne dit s’ils sont montés jusqu’en haut, et l’appareil photo qu’ils emportaient reste introuvable.

LES DATES ÉTABLIES

Ce qui est daté, et ce qui reste ouvert.

Les dates ci-dessous sont celles sur lesquelles les sources concordent. La question de 1924 reste ouverte, et elle le restera probablement : elle ne se tranchera qu’avec un élément matériel prouvant un passage au sommet, pas avec un raisonnement sur les horaires.

Repères chronologiquesSources concordantes

1852, la mesure

Le sommet est identifié comme le point le plus haut connu à partir du Grand Levé trigonométrique des Indes, calculs attribués à Radhanath Sikdar.

29 mai 1953, le sommet

Edmund Hillary et Tenzing Norgay atteignent le sommet, première ascension établie avec certitude. L’expédition britannique est dirigée par John Hunt.

Décembre 2020, l’altitude

La Chine et le Népal annoncent conjointement l’altitude officielle de 8 848,86 mètres, au terme de travaux bilatéraux.

03

1950 — 1953

Le versant change, et le problème se résout en trois ans.

Le basculement de 1950 Le Tibet se ferme, le Népal s’ouvre. L’Everest devient accessible par le sud, un versant que personne n’a jamais approché. Trente ans d’expérience acquise sur le versant nord deviennent en partie caduques.

1951, l’itinéraire Une expédition de reconnaissance soutenue par l’Alpine Club et la Royal Geographical Society, menée par Eric Shipton, établit qu’un passage existe par la cascade de glace du Khumbu puis la combe occidentale. C’est l’itinéraire encore emprunté aujourd’hui par la voie normale.

1952, la répétition suisse Une expédition suisse pousse jusqu’à un nouveau record d’altitude. Raymond Lambert et Tenzing Norgay s’arrêtent sous le sommet. Tenzing repart l’année suivante avec les Britanniques, fort de cette reconnaissance : l’échec de 1952 est une des raisons du succès de 1953.

29 mai 1953 Edmund Hillary et Tenzing Norgay atteignent le sommet. C’est la première ascension établie avec certitude. Les deux hommes ont toujours refusé de dire lequel avait posé le pied en haut le premier, et ce refus fait partie de l’histoire autant que l’ascension.

04

APRÈS 1953

L’enjeu quitte le sommet pour la manière d’y aller.

16 mai 1975 La Japonaise Junko Tabei devient la première femme au sommet.

8 mai 1978 Reinhold Messner et Peter Habeler réalisent la première ascension sans apport d’oxygène. La démonstration met fin à un débat physiologique de plusieurs décennies sur la possibilité même de la chose.

Août 1980 Messner recommence seul, toujours sans oxygène. Après cette date, les premières qui restent à prendre ne portent plus sur le sommet mais sur le style, la saison et l’itinéraire.

1996 Une série d’accidents mortels rappelle que la fréquentation n’enlève rien au terrain. Le bilan cumulé de la montagne dépasse aujourd’hui deux cents victimes.

Ce que cette histoire dit de la montagne, et pas seulement de l’Everest. Sur plus de quatorze mille tentatives recensées depuis 1922, un peu plus de quatre mille ont abouti, la grande majorité avec l’appui de porteurs sherpas et de bouteilles d’oxygène. Le rapport entre ces deux nombres est le vrai enseignement de cette chronologie : la difficulté n’a pas diminué parce que l’itinéraire est connu.

Trente et un ans séparent la première reconnaissance du premier sommet, et les deux expéditions qui ont abouti sont celles qui ont accepté de ne pas viser le sommet d’abord. Celle de 1921 cherchait un accès, celle de 1951 cherchait un itinéraire. Le sommet est venu ensuite, parce que le travail préalable avait été fait.

De l’histoire au terrain

Les expéditions de 1921 et de 1951 ont réussi ce qu’elles s’étaient fixé parce qu’elles avaient posé la question dans le bon ordre : où passe-t-on, avec quelle marge, et à quel moment fait-on demi-tour. C’est la même question à toutes les échelles, y compris sur une course d’une journée en France.

Estimer une durée et une heure de demi-tour Consulter la base des sommets

À lire ensuite

Ces sujets sont traités dans le dossier montagne et dans les bases de ressources du site.

Ouvrir le dossier randonnée

Dates et faits recoupés en août 2026 sur les notices Everest, Reinhold Messner et Andrew Irvine de Wikipédia en français, qui référencent les sources primaires de la Royal Geographical Society et de l’Alpine Club. L’altitude officielle de 8 848,86 mètres est celle annoncée conjointement par la Chine et le Népal en décembre 2020. Les nombres de tentatives et de réussites sont des ordres de grandeur cumulés depuis 1922, à recouper auprès de la Himalayan Database, qui tient le recensement de référence pour le massif.