{"id":574,"date":"2026-10-12T11:48:32","date_gmt":"2026-10-12T11:48:32","guid":{"rendered":"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/antoine-cornic-imoca\/"},"modified":"2026-10-12T11:48:32","modified_gmt":"2026-10-12T11:48:32","slug":"antoine-cornic-imoca","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/antoine-cornic-imoca\/","title":{"rendered":"Antoine Cornic : parcours du skipper en IMOCA"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>En bref<\/strong><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Antoine Cornic, n\u00e9 le 4 janvier 1980 \u00e0 Drancy, a construit son parcours de course au large par \u00e9tapes, entre la classe Mini, la restauration sur l\u2019\u00eele de R\u00e9 et un projet IMOCA lanc\u00e9 en 2020.<\/li><li>Son bateau monocoque, mis \u00e0 l\u2019eau en 2006 sous le nom de Spirit of Canada, a demand\u00e9 plusieurs ann\u00e9es de chantier avant de devenir Ebac puis Human Immobilier.<\/li><li>Sa qualification pour le Vend\u00e9e Globe 2024-2025 s\u2019est appuy\u00e9e sur des transatlantiques courues entre 2021 et 2024, malgr\u00e9 un d\u00e9m\u00e2tage, une avarie et une travers\u00e9e marqu\u00e9e par la dengue.<\/li><li>Il a boucl\u00e9 son premier Vend\u00e9e Globe \u00e0 la <strong>28e place en 96 jours, 1 heure et 59 secondes<\/strong>, un r\u00e9sultat enregistr\u00e9 en f\u00e9vrier 2025.<\/li><\/ul>\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_87 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 eztoc-toggle-hide-by-default' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/antoine-cornic-imoca\/#Antoine_Cornic_un_skipper_forme_tot_par_la_regate_et_le_large\" >Antoine Cornic, un skipper form\u00e9 t\u00f4t par la r\u00e9gate et le large<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/antoine-cornic-imoca\/#Le_retour_a_la_Mini_Transat_avant_le_projet_IMOCA_dAntoine_Cornic\" >Le retour \u00e0 la Mini Transat avant le projet IMOCA d\u2019Antoine Cornic<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/antoine-cornic-imoca\/#Human_Immobilier_un_IMOCA_ancien_confronte_aux_chantiers_et_aux_avaries\" >Human Immobilier, un IMOCA ancien confront\u00e9 aux chantiers et aux avaries<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/antoine-cornic-imoca\/#Les_transatlantiques_dAntoine_Cornic_entre_qualification_et_resistance_physique\" >Les transatlantiques d\u2019Antoine Cornic, entre qualification et r\u00e9sistance physique<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/antoine-cornic-imoca\/#Le_Vendee_Globe_2024-2025_et_la_place_dAntoine_Cornic_dans_lIMOCA\" >Le Vend\u00e9e Globe 2024-2025 et la place d\u2019Antoine Cornic dans l\u2019IMOCA<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Antoine_Cornic_un_skipper_forme_tot_par_la_regate_et_le_large\"><\/span>Antoine Cornic, un skipper form\u00e9 t\u00f4t par la r\u00e9gate et le large<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le parcours d\u2019Antoine Cornic ne d\u00e9marre pas dans l\u2019IMOCA. Il commence sur l\u2019eau, bien avant les budgets de course au large, les chantiers composites et les routes vers les mers du Sud. N\u00e9 le 4 janvier 1980 \u00e0 Drancy, il grandit dans une famille o\u00f9 la Voile tient une place concr\u00e8te. Son p\u00e8re a navigu\u00e9 au sein de l\u2019\u00e9quipe de France de 470 durant les ann\u00e9es 1970. Sa m\u00e8re pratiquait le Moth-Europe. Son fr\u00e8re Laurent poursuivra lui aussi un parcours de r\u00e9gatier.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette origine familiale \u00e9claire une diff\u00e9rence importante dans sa trajectoire. Antoine Cornic ne se dirige pas prioritairement vers la r\u00e9gate olympique, faite de parcours courts, de d\u00e9parts serr\u00e9s et de r\u00e9glages tr\u00e8s fins. Il se tourne vers la navigation au large, o\u00f9 le skipper doit rester seul avec son bateau, une m\u00e9t\u00e9o changeante et un niveau de fatigue qui ne cesse de monter. Cette pr\u00e9f\u00e9rence pour les longues distances a structur\u00e9 ses choix ult\u00e9rieurs.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant la mer, il pratique aussi le judo et obtient un titre de champion de France junior en 1997. Il joue \u00e9galement au rugby, jusqu\u2019\u00e0 reprendre comme pilier droit au Stade niortais apr\u00e8s 2015. Ces disciplines ne suffisent pas \u00e0 expliquer une carri\u00e8re de navigateur, mais elles donnent un cadre. Un projet solitaire de plusieurs semaines demande de tenir un rythme, de g\u00e9rer une douleur et de continuer \u00e0 d\u00e9cider quand le corps ne fournit plus sa r\u00e9ponse habituelle.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son premier engagement s\u00e9rieux dans la course au large arrive sur le circuit Mini. Entre 2000 et 2001, il navigue sur Oceanic, un prototype de 6,50 m\u00e8tres issu d\u2019un plan Finot-Conq de 1995. La Mini Transat est une \u00e9cole rude pour un futur skipper IMOCA. Les bateaux sont courts, rapides, peu confortables et le r\u00e8glement impose une travers\u00e9e en solitaire. La taille r\u00e9duit les marges de man\u0153uvre, tandis que la distance entre l\u2019Europe et les Antilles ou le Br\u00e9sil impose d\u00e9j\u00e0 une v\u00e9ritable autonomie.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2001, Antoine Cornic termine <strong>10e sur 33 prototypes<\/strong> de la Mini Transat. Ce r\u00e9sultat est obtenu dans une \u00e9dition dirig\u00e9e vers le Br\u00e9sil, remport\u00e9e par Yannick Bestaven. Les deux hommes se connaissent depuis cette p\u00e9riode. La relation compte, non comme un argument d\u2019image, mais parce que la course au large se construit aussi par des \u00e9changes techniques, des convoyages et une compr\u00e9hension partag\u00e9e de ce que r\u00e9clame un projet de plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Mini Transat pose une premi\u00e8re base de m\u00e9thode. Il faut pr\u00e9parer le bateau, trouver des partenaires, \u00e9tablir un calendrier, naviguer sans assistance et accepter qu\u2019une panne puisse modifier tout le programme. Le classement est visible. Le travail en amont l\u2019est beaucoup moins. Ce point devient central dans la suite du parcours de Cornic, qui conna\u00eet tr\u00e8s t\u00f4t les difficult\u00e9s li\u00e9es au financement.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, il envisage d\u00e9j\u00e0 le Vend\u00e9e Globe 2004. Le projet reste sans suite. Une tentative de record en solitaire sur l\u2019Atlantique Nord en Mini se termine par une casse du bateau en 2003, puis par la perte du sponsor. Pour un navigateur non adoss\u00e9 \u00e0 une grande structure, une avarie m\u00e9canique produit imm\u00e9diatement une cons\u00e9quence financi\u00e8re. Le calendrier sportif se bloque, les \u00e9quipiers changent de projet et le temps de recherche de partenaires remplace les jours de navigation.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette premi\u00e8re interruption explique pourquoi son acc\u00e8s \u00e0 l\u2019IMOCA est plus tardif que celui de nombreux concurrents du Vend\u00e9e Globe. Elle ne traduit pas une absence d\u2019ambition. Elle montre plut\u00f4t le co\u00fbt r\u00e9el d\u2019un projet de course au large. Le bateau ne suffit jamais. Il faut disposer du financement du chantier, des voiles, de l\u2019\u00e9quipe technique, de l\u2019assurance, des convoyages, de la logistique de course et des p\u00e9riodes sans r\u00e9sultats m\u00e9diatiques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La navigation reste toutefois pr\u00e9sente. Install\u00e9 sur l\u2019\u00eele de R\u00e9, Antoine Cornic devient restaurateur \u00e0 partir de 2004. Il ouvre un premier \u00e9tablissement, puis un second. Cette p\u00e9riode familiale et professionnelle \u00e9loigne temporairement le skipper du circuit, mais elle ne ferme pas la porte au large. Il revient \u00e0 la classe Mini en 2016, avec le prototype Follow Me, un plan Manuard de 2009.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce retour est pr\u00e9par\u00e9 sans raccourci. En 2017, il termine 11e sur 25 prototypes de la Mini Transat \u00e0 bord de Destination \u00cele de R\u00e9. Le r\u00e9sultat est proche de celui de 2001, mais le contexte a chang\u00e9. Il a alors 37 ans, une famille, des activit\u00e9s professionnelles et une exp\u00e9rience diff\u00e9rente du temps long. La reprise ne repose plus sur l\u2019\u00e9lan d\u2019un jeune coureur. Elle repose sur une d\u00e9cision structur\u00e9e.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le passage de la Mini au bateau monocoque de 60 pieds ne rel\u00e8ve donc pas d\u2019un changement de cat\u00e9gorie imm\u00e9diat. Il proc\u00e8de d\u2019une accumulation. Deux Mini Transat, des abandons de projet, une activit\u00e9 \u00e0 terre, puis une seconde campagne forment une exp\u00e9rience plus solide que ne le laisse croire une simple liste de r\u00e9sultats.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_retour_a_la_Mini_Transat_avant_le_projet_IMOCA_dAntoine_Cornic\"><\/span>Le retour \u00e0 la Mini Transat avant le projet IMOCA d\u2019Antoine Cornic<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le retour d\u2019Antoine Cornic sur le circuit Mini, \u00e0 partir de janvier 2016, constitue un point de bascule. Il ne s\u2019agit pas seulement de reprendre une activit\u00e9 sportive. Cette campagne permet de v\u00e9rifier si la navigation solitaire reste compatible avec une vie familiale, une activit\u00e9 de restauration et un objectif bien plus large. Un projet IMOCA demande plusieurs ann\u00e9es pleines. La Mini sert alors de terrain d\u2019\u00e9valuation, \u00e0 une \u00e9chelle financi\u00e8re et technique plus r\u00e9duite.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le prototype 759 Follow Me, dessin\u00e9 par Manuard et mis \u00e0 l\u2019eau en 2009, donne \u00e0 Cornic un support comp\u00e9titif. Il obtient une 3e place sur 10 prototypes lors de la Pornichet S\u00e9lect 6.50 en 2016. L\u2019ann\u00e9e suivante, il prend la 7e place du Troph\u00e9e Marie-Agn\u00e8s P\u00e9ron sur 18 bateaux, puis la 10e place de la Mini-Fastnet, courue avec son fr\u00e8re Laurent. Ces r\u00e9sultats ne valent pas une s\u00e9lection automatique vers les grandes classes, mais ils d\u00e9montrent une capacit\u00e9 \u00e0 revenir dans le rythme de la r\u00e9gate.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Mini Transat 2017 reste la r\u00e9f\u00e9rence de cette deuxi\u00e8me p\u00e9riode. Antoine Cornic s\u2019y classe <strong>11e sur 25 prototypes<\/strong>. Ce rang doit \u00eatre lu avec mesure. Sur ce type de transatlantique, le classement d\u00e9pend de la vitesse du bateau, de la pr\u00e9paration, des options m\u00e9t\u00e9orologiques et de la capacit\u00e9 \u00e0 maintenir le mat\u00e9riel en \u00e9tat. Une travers\u00e9e r\u00e9ussie n\u2019est pas uniquement celle qui finit devant. C\u2019est aussi celle qui arrive avec un marin encore capable de man\u0153uvrer et un bateau dont les syst\u00e8mes principaux ont tenu.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 trois mois du d\u00e9part, le navigateur arr\u00eate le rugby pour \u00e9viter une blessure. La d\u00e9cision para\u00eet simple sur le papier. Elle traduit pourtant une r\u00e8gle de pr\u00e9paration applicable \u00e0 toute campagne longue. Lorsque la date de d\u00e9part approche, une activit\u00e9 qui expose aux traumatismes inutiles doit \u00eatre mise de c\u00f4t\u00e9. Une entorse, une fracture ou une luxation peut arr\u00eater un projet construit pendant deux ans. Sur un calendrier de course au large, le risque personnel doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 comme le risque technique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le projet prend une direction nette apr\u00e8s cette deuxi\u00e8me Mini Transat. Antoine Cornic revend l\u2019un de ses restaurants et choisit de consacrer davantage de temps au Vend\u00e9e Globe. Cette d\u00e9cision ne transforme pas imm\u00e9diatement le navigateur en professionnel disposant d\u2019un budget complet. Elle rend le projet possible. La pr\u00e9sence d\u2019Ebac, partenaire d\u00e9j\u00e0 impliqu\u00e9 en Mini, donne ensuite une continuit\u00e9 financi\u00e8re et une premi\u00e8re cr\u00e9dibilit\u00e9 au programme.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La recherche d\u2019un IMOCA s\u2019oriente vers un bateau d\u2019occasion. Ce choix m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9. Un 60 pieds r\u00e9cent dot\u00e9 de foils puissants et con\u00e7u pour les derni\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations de course repr\u00e9sente un investissement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, tant \u00e0 l\u2019achat qu\u2019en exploitation. Un monocoque plus ancien peut rendre l\u2019entr\u00e9e dans la classe possible, mais il impose souvent un chantier long. Le prix initial est une donn\u00e9e incompl\u00e8te. Il faut regarder l\u2019\u00e9tat de la structure, l\u2019historique des m\u00e2ts, les syst\u00e8mes hydrauliques, l\u2019\u00e9lectronique, le jeu de voiles et les travaux de conformit\u00e9 r\u00e9glementaire.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En f\u00e9vrier 2020, Cornic ach\u00e8te O Canada, connu auparavant sous le nom de Spirit of Canada. Dessin\u00e9 par le cabinet Owen Clarke et mis \u00e0 l\u2019eau en 2006, le voilier a notamment \u00e9t\u00e9 barr\u00e9 par le Canadien Derek Hatfield. Il s\u2019agit d\u2019un IMOCA d\u2019ancienne g\u00e9n\u00e9ration, con\u00e7u avant les foils massifs des unit\u00e9s les plus modernes. Son architecture ne lui donne pas les m\u00eames potentiels de vitesse qu\u2019un bateau neuf de 2024. En revanche, sa construction jug\u00e9e solide et sa disponibilit\u00e9 ouvrent une voie r\u00e9aliste vers le Vend\u00e9e Globe.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le voilier devient Ebac, puis Human Immobilier en octobre 2022, lorsque ce partenaire prend le r\u00f4le de sponsor titre. Ce changement de nom ne doit pas masquer la continuit\u00e9 du programme. La m\u00eame coque reste le support d\u2019un apprentissage progressif. Le skipper, son \u00e9quipe et le bateau \u00e9voluent ensemble, course apr\u00e8s course.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chantier \u00e0 La Rochelle r\u00e9clame une organisation pr\u00e9cise. Les premi\u00e8res navigations doivent \u00eatre suivies d\u2019essais en faux solo, c\u2019est-\u00e0-dire avec un accompagnant discret capable d\u2019intervenir si une difficult\u00e9 majeure survient. Le bateau doit ensuite r\u00e9aliser des parcours de qualification et participer \u00e0 des transatlantiques. Cette progression reste plus prudente que l\u2019image parfois donn\u00e9e par la course au large. Avant de courir seul sur 24 000 milles autour du monde, il faut d\u2019abord savoir r\u00e9parer, dormir, man\u0153uvrer et maintenir un 60 pieds sur une travers\u00e9e plus courte.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le travail avec Jean-Charles Luro, boat captain et co-skipper, prend ici une place d\u00e9terminante. Luro poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de neuf projets IMOCA. Sur un bateau ancien remis \u00e0 niveau, cette comp\u00e9tence ne se limite pas \u00e0 la navigation. Elle touche au suivi de chantier, \u00e0 la pr\u00e9paration des pi\u00e8ces de rechange, aux proc\u00e9dures de s\u00e9curit\u00e9 et au contr\u00f4le quotidien des zones sollicit\u00e9es.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le choix d\u2019un IMOCA d\u2019occasion fixe aussi une limite. Un bateau r\u00e9nov\u00e9 ne devient pas un bateau neuf par la seule force du chantier. La strat\u00e9gie de course doit int\u00e9grer cette r\u00e9alit\u00e9. Il faut pr\u00e9server la machine, \u00e9viter les surcharges inutiles et accepter qu\u2019une position de course ne justifie pas toujours un risque de casse. La pr\u00e9paration de Cornic se comprend \u00e0 partir de cette contrainte mat\u00e9rielle.<\/p>\n\n<figure class=\"is-provider-youtube is-type-video wp-block-embed wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Antoine Cornic - Remise \u00e0 l&amp;apos;eau de l&amp;apos;Imoca HUMAN Immobilier\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/gVstI3MZeUs?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Human_Immobilier_un_IMOCA_ancien_confronte_aux_chantiers_et_aux_avaries\"><\/span>Human Immobilier, un IMOCA ancien confront\u00e9 aux chantiers et aux avaries<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le projet IMOCA d\u2019Antoine Cornic s\u2019est construit autour d\u2019un voilier dont l\u2019histoire pr\u00e9c\u00e8de largement son arriv\u00e9e \u00e0 bord. Spirit of Canada, devenu O Canada, puis Ebac et Human Immobilier, est un 60 pieds lanc\u00e9 en 2006. En 2026, cette anciennet\u00e9 compte. Les IMOCA les plus r\u00e9cents disposent de foils, de cockpits prot\u00e9g\u00e9s, de syst\u00e8mes de performance et de configurations pens\u00e9es pour maintenir des vitesses \u00e9lev\u00e9es pendant plusieurs semaines. Un bateau de 2006 ne joue pas dans la m\u00eame cat\u00e9gorie de d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette diff\u00e9rence n\u2019interdit pas de prendre le d\u00e9part d\u2019un Vend\u00e9e Globe. Elle oblige \u00e0 \u00e9tablir un programme coh\u00e9rent. Une coque plus ancienne peut \u00eatre robuste, r\u00e9par\u00e9e et fiable, mais elle demande une attention soutenue. Le skipper doit conna\u00eetre la fatigue des pi\u00e8ces, les zones ayant d\u00e9j\u00e0 subi des efforts importants, l\u2019\u00e2ge des \u00e9quipements et les compromis engendr\u00e9s par chaque modification.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re grande difficult\u00e9 survient lors d\u2019un convoyage vers la M\u00e9diterran\u00e9e. Le bateau d\u00e9m\u00e2te au cap Finisterre. Cette zone situ\u00e9e \u00e0 l\u2019ouest de l\u2019Espagne concentre r\u00e9guli\u00e8rement un vent fort, une mer crois\u00e9e et des effets de relief qui rendent les passages exigeants. Une perte de m\u00e2t ne se r\u00e8gle jamais en commandant simplement une pi\u00e8ce identique. Dans ce cas, Cornic r\u00e9cup\u00e8re le m\u00e2t-aile de rechange de l\u2019IMOCA Initiatives-C\u0153ur de Samantha Davies.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le nouveau m\u00e2t n\u2019est pas interchangeable avec l\u2019ancien. Son installation impose un chantier d\u2019adaptation. Les cad\u00e8nes doivent \u00eatre modifi\u00e9es et des outriggers mis en place. Ces \u00e9l\u00e9ments lat\u00e9raux contribuent \u00e0 tenir le gr\u00e9ement et \u00e0 r\u00e9partir les efforts. Un changement de m\u00e2t engage donc la structure enti\u00e8re du bateau. Chaque liaison entre le gr\u00e9ement, la coque et le pont doit \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e. Sur un monocoque de 60 pieds, une erreur de conception ou de montage peut produire une avarie \u00e0 des centaines de milles d\u2019un abri.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mot \u00ab chantier \u00bb recouvre ici des r\u00e9alit\u00e9s tr\u00e8s concr\u00e8tes. Il faut sortir le bateau, inspecter les stratifications, commander les pi\u00e8ces, organiser l\u2019intervention d\u2019artisans sp\u00e9cialis\u00e9s, v\u00e9rifier les jauges de s\u00e9curit\u00e9 et remettre l\u2019ensemble \u00e0 l\u2019eau avec assez de temps pour tester. Une pr\u00e9paration r\u00e9duite \u00e0 l\u2019apparence ext\u00e9rieure du voilier ne permet pas de mesurer ce travail. La performance d\u00e9pend aussi de ce qui reste invisible sous les ponts et dans les cloisons.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le calendrier de comp\u00e9tition montre une progression parfois difficile. Lors de la Transat Jacques-Vabre 2021, courue en double avec Jean-Charles Luro, Ebac prend la 20e place sur 22 IMOCA apr\u00e8s <strong>24 jours, 22 heures, 58 minutes et 32 secondes<\/strong>. Le rang est modeste, mais l\u2019arriv\u00e9e apporte des informations pr\u00e9cises sur les syst\u00e8mes du bateau, les habitudes de bord et les d\u00e9cisions de route. Une transatlantique achev\u00e9e constitue un contr\u00f4le grandeur nature que les essais c\u00f4tiers ne remplacent pas.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Ann\u00e9e<\/th>\n<th>\u00c9preuve<\/th>\n<th>Format<\/th>\n<th>R\u00e9sultat<\/th>\n<th>Lecture du parcours<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>2021<\/td>\n<td>Transat Jacques-Vabre<\/td>\n<td>Double<\/td>\n<td>20e sur 22<\/td>\n<td>Premi\u00e8re grande travers\u00e9e du projet Ebac avec Jean-Charles Luro<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>2022<\/td>\n<td>Bermudes 1000 Race<\/td>\n<td>Solitaire<\/td>\n<td>20e sur 24<\/td>\n<td>Accumulation de milles qualificatifs et retour d\u2019exp\u00e9rience<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>2022<\/td>\n<td>Vend\u00e9e-Arctique<\/td>\n<td>Solitaire<\/td>\n<td>16e sur 25<\/td>\n<td>Progression sur un parcours nord-atlantique exigeant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>2022<\/td>\n<td>Route du Rhum<\/td>\n<td>Solitaire<\/td>\n<td>22e sur 38<\/td>\n<td>Premi\u00e8re grande transatlantique sous le nom Human Immobilier<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2022, Human Immobilier termine 22e sur 38 IMOCA dans la Route du Rhum, apr\u00e8s 14 jours, 7 heures, 34 minutes et 25 secondes. Cette course reste un rep\u00e8re pour comprendre le projet. Partir seul de Saint-Malo vers la Guadeloupe exige d\u2019emporter de quoi r\u00e9parer, manger, communiquer et maintenir le bateau en mouvement. Une place au classement compte. Le fait d\u2019achever la travers\u00e9e avec une unit\u00e9 ancienne mise \u00e0 niveau compte aussi.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La comparaison avec les skippers de derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration doit donc \u00eatre conduite avec prudence. Les \u00e9carts de vitesse ne viennent pas uniquement de la qualit\u00e9 du marin. Ils proviennent de la date de conception, du budget voile, des foils, des moyens d\u2019\u00e9quipe et du nombre de jours de navigation accumul\u00e9s. Le parcours de <a href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/boris-herrmann-skipper-imoca\/\">Boris Herrmann en IMOCA<\/a> illustre, \u00e0 une autre \u00e9chelle, l\u2019importance de cette structure technique autour d\u2019un projet de haut niveau.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Cornic, l\u2019objectif n\u2019est pas de masquer l\u2019\u00e9cart entre g\u00e9n\u00e9rations de bateaux. Il est de faire progresser le sien assez vite pour r\u00e9pondre aux exigences de qualification et de fiabilit\u00e9. Ce choix conduit \u00e0 une campagne o\u00f9 chaque arriv\u00e9e construit davantage que le seul r\u00e9sultat affich\u00e9.<\/p>\n\n<figure class=\"is-provider-youtube is-type-video wp-block-embed wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"ENTRE DEUX D\u00c9PRESSIONS \ud83c\udf2c\ufe0f - ON BOARD Vend\u00e9e Globe - Antoine Cornic\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ujjycZ2eHZs?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_transatlantiques_dAntoine_Cornic_entre_qualification_et_resistance_physique\"><\/span>Les transatlantiques d\u2019Antoine Cornic, entre qualification et r\u00e9sistance physique<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s les premiers chantiers et les courses de 2021 et 2022, Antoine Cornic entre dans une phase o\u00f9 chaque \u00e9preuve doit pr\u00e9parer le Vend\u00e9e Globe. La s\u00e9lection pour l\u2019\u00e9dition 2024-2025 ne repose pas sur une simple inscription. Le navigateur doit satisfaire aux crit\u00e8res fix\u00e9s par l\u2019organisation, participer aux courses retenues et d\u00e9montrer sa capacit\u00e9 \u00e0 conduire son IMOCA dans un cadre solitaire ou en \u00e9quipage r\u00e9duit.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Transat Jacques-Vabre 2023 repr\u00e9sente une \u00e9tape de plus. Courue avec Jean-Charles Luro, elle se termine \u00e0 la 30e place sur 40 IMOCA, apr\u00e8s <strong>17 jours, 7 heures, 35 minutes et 15 secondes<\/strong>. Le r\u00e9sultat est inf\u00e9rieur aux attentes de performance, mais la course remplit sa fonction de pr\u00e9paration. Elle expose l\u2019\u00e9quipage \u00e0 la dur\u00e9e, aux man\u0153uvres r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et \u00e0 une route transatlantique suffisamment longue pour r\u00e9v\u00e9ler les faiblesses du mat\u00e9riel.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le duo Cornic-Luro compte dans cette p\u00e9riode. La course en double permet de partager les quarts et les man\u0153uvres. Elle ne r\u00e9duit pas pour autant les exigences. Sur un 60 pieds, un changement de voile, une intervention sur le pont ou la gestion d\u2019un pilote automatique demandent des proc\u00e9dures claires. Lorsqu\u2019un membre de l\u2019\u00e9quipage est fatigu\u00e9 ou indisponible, l\u2019autre doit pouvoir prendre le relais sans h\u00e9sitation.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En d\u00e9cembre 2023, Cornic s\u2019aligne au d\u00e9part du Retour \u00e0 la Base, course en solitaire entre Fort-de-France et Lorient. La travers\u00e9e devient un test physique brutal. Le skipper souffre de la dengue, maladie virale transmise par des moustiques. Fi\u00e8vre, courbatures et \u00e9puisement rendent les man\u0153uvres beaucoup plus difficiles. Il ach\u00e8ve pourtant la course \u00e0 la 26e place sur 32, en <strong>12 jours, 13 heures, 19 minutes et 23 secondes<\/strong>, pour une vitesse moyenne annonc\u00e9e de 11,61 n\u0153uds sur le parcours th\u00e9orique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette s\u00e9quence doit \u00eatre regard\u00e9e avec pr\u00e9cision. Elle ne doit pas servir \u00e0 valoriser le fait de naviguer malade. En mer, un \u00e9tat physique d\u00e9grad\u00e9 alt\u00e8re le jugement, augmente le risque de chute et rend toute r\u00e9paration plus lente. La course au large comporte une culture de r\u00e9sistance, mais elle ne dispense pas d\u2019une \u00e9valuation m\u00e9dicale. Les d\u00e9cisions concernant une maladie, un traitement ou une \u00e9vacuation rel\u00e8vent des m\u00e9decins de course et des services de secours comp\u00e9tents, pas d\u2019un r\u00e9cit de performance.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le parcours de qualification se poursuit au printemps 2024 avec The Transat, entre Lorient et New York. Cette transatlantique devait consolider la pr\u00e9paration du skipper avant le tour du monde. Deux jours apr\u00e8s le d\u00e9part, Human Immobilier est couch\u00e9 par une rafale. L\u2019axe de t\u00eate de voile et une pi\u00e8ce li\u00e9e \u00e0 la voile J3 sont endommag\u00e9s. Cornic abandonne le lendemain.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un abandon \u00e0 ce stade pourrait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme une rupture. Dans le cadre de la qualification, la situation est plus nuanc\u00e9e. Le parcours requis est d\u00e9j\u00e0 suffisamment avanc\u00e9 pour permettre au navigateur de r\u00e9pondre aux conditions d\u2019acc\u00e8s au Vend\u00e9e Globe. Il est officiellement qualifi\u00e9 avant le d\u00e9part du 10 novembre 2024. Le renoncement sur The Transat est alors une d\u00e9cision technique coh\u00e9rente. Continuer avec une t\u00eate de voile endommag\u00e9e sur un IMOCA engag\u00e9 vers l\u2019Atlantique Nord aurait expos\u00e9 le bateau \u00e0 une aggravation de l\u2019avarie.<\/p>\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>Lorsqu\u2019un \u00e9l\u00e9ment du gr\u00e9ement ou de la t\u00eate de voile est atteint, la priorit\u00e9 n\u2019est pas de sauver une position de course. Il faut pr\u00e9server le bateau et le skipper pour la suite du programme.<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette logique rejoint celle des navigations c\u00f4ti\u00e8res, \u00e0 une autre \u00e9chelle. Un d\u00e9part doit toujours \u00eatre remis en cause lorsque la m\u00e9t\u00e9o, l\u2019\u00e9tat de l\u2019\u00e9quipage ou un d\u00e9faut mat\u00e9riel d\u00e9passent les capacit\u00e9s de r\u00e9ponse du bord. Pour une navigation de plaisance, le bulletin de M\u00e9t\u00e9o-France, la distance \u00e0 un abri et l\u2019armement r\u00e9glementaire restent les bases. Pour un IMOCA engag\u00e9 au large, les m\u00eames principes existent, avec des moyens et des cons\u00e9quences beaucoup plus lourds.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le projet Cornic est aussi r\u00e9v\u00e9lateur de la fronti\u00e8re entre amateurisme au sens financier et pratique de haut niveau. Le navigateur n\u2019arrive pas sur la ligne de d\u00e9part avec un programme d\u00e9velopp\u00e9 pendant dix ans par une grande \u00e9curie. Il arrive apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de travaux, de partenaires successifs et de milles accumul\u00e9s sur un bateau ancien. Cette r\u00e9alit\u00e9 donne un sens particulier \u00e0 la qualification.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pr\u00e9paration des transatlantiques montre enfin que la course au large ne d\u00e9pend pas seulement de la vitesse. Il faut savoir interrompre une course, revenir au chantier, r\u00e9parer puis repartir. Les r\u00e9sultats de 2023 et 2024 pr\u00e9parent directement la seule \u00e9ch\u00e9ance qui reste alors au calendrier, le Vend\u00e9e Globe.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_Vendee_Globe_2024-2025_et_la_place_dAntoine_Cornic_dans_lIMOCA\"><\/span>Le Vend\u00e9e Globe 2024-2025 et la place d\u2019Antoine Cornic dans l\u2019IMOCA<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Antoine Cornic prend le d\u00e9part du Vend\u00e9e Globe le 10 novembre 2024 aux Sables-d\u2019Olonne. Le format ne laisse aucune ambigu\u00eft\u00e9. Cette course autour du monde se dispute en solitaire, sans escale et sans assistance. La route th\u00e9orique d\u00e9passe 24 000 milles nautiques, soit environ 44 400 kilom\u00e8tres. Selon les trajectoires, les d\u00e9pressions \u00e9vit\u00e9es et les zones d\u2019exclusion, la distance r\u00e9ellement parcourue peut \u00eatre sup\u00e9rieure.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour un skipper qui a achet\u00e9 son IMOCA quatre ans plus t\u00f4t, la pr\u00e9sence au d\u00e9part repr\u00e9sente l\u2019aboutissement d\u2019une suite de d\u00e9cisions mat\u00e9rielles et humaines. Il a fallu remettre le bateau \u00e0 niveau, retrouver un m\u00e2t apr\u00e8s le d\u00e9m\u00e2tage, courir plusieurs transatlantiques, tenir un programme de partenaires et franchir les \u00e9tapes de s\u00e9lection. Le d\u00e9part ne garantit rien. Il donne seulement acc\u00e8s \u00e0 la partie la plus exigeante du projet.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Human Immobilier appartient alors \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration de bateaux qui ne vise pas les m\u00eames vitesses qu\u2019un IMOCA r\u00e9cent \u00e0 foils. Le skipper doit donc composer avec une marge r\u00e9duite face aux unit\u00e9s les plus modernes. Cette diff\u00e9rence influence la strat\u00e9gie. Chercher \u00e0 maintenir une vitesse trop \u00e9lev\u00e9e dans une mer form\u00e9e peut provoquer une casse dont les cons\u00e9quences d\u00e9passent largement le gain de quelques milles. La gestion du bateau devient une navigation de conservation autant qu\u2019une r\u00e9gate.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le tour du monde impose aussi de traverser plusieurs zones aux contraintes tr\u00e8s diff\u00e9rentes. L\u2019Atlantique Sud demande de g\u00e9rer les aliz\u00e9s, les d\u00e9pressions et la chaleur. L\u2019oc\u00e9an Indien et le Pacifique Sud placent les concurrents dans des mers longues et des syst\u00e8mes d\u00e9pressionnaires rapides. Le cap Horn marque le retour vers l\u2019Atlantique, mais pas la fin des difficult\u00e9s. Les remont\u00e9es vers l\u2019\u00e9quateur et le golfe de Gascogne restent capables de modifier un classement jusqu\u2019aux derniers jours.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce contexte, une position au classement ne peut pas \u00eatre d\u00e9tach\u00e9e du temps de course et de l\u2019\u00e9tat du mat\u00e9riel. Cornic termine son premier Vend\u00e9e Globe \u00e0 la <strong>28e place<\/strong>, apr\u00e8s <strong>96 jours, 1 heure et 59 secondes<\/strong>. Son arriv\u00e9e intervient le 14 f\u00e9vrier 2025 selon les donn\u00e9es publi\u00e9es par l\u2019organisation du Vend\u00e9e Globe. Cette dur\u00e9e correspond \u00e0 plus de trois mois de solitude, de man\u0153uvres et de veille, sur une machine dont le skipper doit \u00eatre \u00e0 la fois navigateur, r\u00e9parateur et gestionnaire d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La 28e place ne change pas r\u00e9troactivement les \u00e9carts de performance observ\u00e9s face aux bateaux de derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration. Elle valide cependant la capacit\u00e9 du projet \u00e0 aller au bout. Dans la course au large, finir un tour du monde sans escale ne constitue jamais une formalit\u00e9. Les avaries de voile, de pilote automatique, de quille, de gr\u00e9ement ou d\u2019\u00e9lectronique peuvent rendre la poursuite impossible. Le r\u00e9sultat doit donc \u00eatre lu comme celui d\u2019un \u00e9quipage \u00e0 terre, d\u2019un budget tenu et d\u2019un skipper qui a conduit son bateau jusqu\u2019aux Sables-d\u2019Olonne.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La comparaison avec d\u2019autres trajectoires permet de situer cette performance. Certains concurrents arrivent dans la classe apr\u00e8s des ann\u00e9es de Figaro, de Solitaire du Figaro, de multicoques ou de projets IMOCA neufs. D\u2019autres, comme Cornic, utilisent une unit\u00e9 plus ancienne et construisent progressivement leur structure. Le niveau de la classe reste commun, mais les moyens de d\u00e9part ne sont pas identiques. Le parcours de <a href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/yoann-richomme-palmares\/\">Yoann Richomme<\/a> montre une autre voie, port\u00e9e par un palmar\u00e8s et un d\u00e9veloppement technique diff\u00e9rents.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La course 2024-2025 donne aussi un \u00e9clairage sur la place des IMOCA d\u2019ancienne g\u00e9n\u00e9ration. Ils ne sont pas condamn\u00e9s \u00e0 dispara\u00eetre du circuit. Ils restent des plateformes de formation, de qualification et de comp\u00e9tition. Leur limite appara\u00eet lorsque la mer et le vent permettent aux foilers modernes de voler longtemps. Leur int\u00e9r\u00eat demeure dans leur capacit\u00e9 \u00e0 rendre un projet possible avec un budget inf\u00e9rieur \u00e0 celui d\u2019une campagne neuve.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le lecteur qui suit la course au large, le parcours d\u2019Antoine Cornic fournit une grille simple. Il faut regarder l\u2019ann\u00e9e du bateau, son historique de chantier, le nombre de courses termin\u00e9es, la stabilit\u00e9 des partenaires et les avaries rencontr\u00e9es. Un classement isol\u00e9 ne raconte pas ce chemin. La fiche de r\u00e9sultats doit \u00eatre replac\u00e9e dans les contraintes du mat\u00e9riel et du calendrier.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette trajectoire se termine provisoirement par une arriv\u00e9e, non par une promesse abstraite. Entre la Mini Transat 2001 et le Vend\u00e9e Globe achev\u00e9 en f\u00e9vrier 2025, vingt-quatre ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires pour transformer un premier r\u00eave de large en tour du monde termin\u00e9.<\/p>\n\n<script type=\"application\/ld+json\">\n{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@type\":\"FAQPage\",\"mainEntity\":[{\"@type\":\"Question\",\"name\":\"Quand Antoine Cornic a-t-il terminu00e9 son premier Vendu00e9e Globe ?\",\"acceptedAnswer\":{\"@type\":\"Answer\",\"text\":\"Antoine Cornic a terminu00e9 le Vendu00e9e Globe 2024-2025 le 14 fu00e9vrier 2025. Il a pris la 28e place apru00e8s 96 jours, 1 heure et 59 secondes de course.\"}},{\"@type\":\"Question\",\"name\":\"Quel IMOCA navigue Antoine Cornic ?\",\"acceptedAnswer\":{\"@type\":\"Answer\",\"text\":\"Il navigue sur Human Immobilier, un IMOCA plan Owen Clarke mis u00e0 lu2019eau en 2006. 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Il a \u00e9galement pratiqu\u00e9 le judo et le rugby.<\/p>\n<h3>Pourquoi Antoine Cornic a-t-il abandonn\u00e9 The Transat en 2024 ?<\/h3>\n<p>Deux jours apr\u00e8s le d\u00e9part, son IMOCA a \u00e9t\u00e9 couch\u00e9 par une rafale. L\u2019avarie a touch\u00e9 l\u2019axe de t\u00eate de voile et un \u00e9l\u00e9ment associ\u00e9 \u00e0 la voile J3, ce qui a conduit \u00e0 l\u2019abandon le lendemain.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En bref Antoine Cornic, un skipper form\u00e9 t\u00f4t par la r\u00e9gate et le large Le parcours d\u2019Antoine Cornic ne d\u00e9marre pas dans l\u2019IMOCA. Il commence sur l\u2019eau, bien avant les budgets de course au large, les chantiers composites et les routes vers les mers du Sud. 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