{"id":536,"date":"2026-10-01T10:05:07","date_gmt":"2026-10-01T10:05:07","guid":{"rendered":"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/pen-duick-vi-tabarly\/"},"modified":"2026-10-01T10:05:07","modified_gmt":"2026-10-01T10:05:07","slug":"pen-duick-vi-tabarly","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/pen-duick-vi-tabarly\/","title":{"rendered":"Pen Duick VI : histoire, gr\u00e9ement et courses du ketch de Tabarly"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Pen Duick VI est le sixi\u00e8me voilier de la s\u00e9rie voulue par \u00c9ric Tabarly. Construit en 1973 pour la premi\u00e8re Whitbread, ce <strong>ketch en aluminium de 22,25 m\u00e8tres<\/strong> a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 pour les routes longues, les mers du Sud et les \u00e9quipages nombreux. Son histoire relie les premi\u00e8res grandes <strong>courses au large<\/strong> professionnelles \u00e0 la navigation patrimoniale men\u00e9e aujourd\u2019hui par Marie Tabarly.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>En bref<\/strong><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Pen Duick VI a \u00e9t\u00e9 dessin\u00e9 par Andr\u00e9 Mauric et construit \u00e0 l\u2019Arsenal de Brest en 1973 pour la Whitbread 1973-1974.<\/li><li>Son gr\u00e9ement de ketch Marconi r\u00e9partit la puissance sur deux m\u00e2ts, avec environ <strong>260 m\u00b2 de voilure au pr\u00e8s<\/strong>.<\/li><li>\u00c9ric Tabarly remporte la Transat anglaise en solitaire de 1976 en <strong>23 jours et 20 heures<\/strong>, malgr\u00e9 la panne rapide du pilote automatique.<\/li><li>Le bateau navigue encore au XXIe si\u00e8cle sous la conduite de Marie Tabarly, dans le cadre du projet Elemen\u2019Terre.<\/li><\/ul>\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_87 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 eztoc-toggle-hide-by-default' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/pen-duick-vi-tabarly\/#Pourquoi_Pen_Duick_VI_a_ete_construit_pour_la_Whitbread_de_1973\" >Pourquoi Pen Duick VI a \u00e9t\u00e9 construit pour la Whitbread de 1973<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/pen-duick-vi-tabarly\/#Greement_et_dimensions_de_Pen_Duick_VI_le_choix_dun_grand_ketch_aluminium\" >Gr\u00e9ement et dimensions de Pen Duick VI, le choix d\u2019un grand ketch aluminium<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/pen-duick-vi-tabarly\/#Les_courses_au_large_de_Pen_Duick_VI_avec_Eric_Tabarly\" >Les courses au large de Pen Duick VI avec \u00c9ric Tabarly<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/pen-duick-vi-tabarly\/#Comment_le_ketch_Pen_Duick_VI_est_devenu_un_voilier_patrimonial_vivant\" >Comment le ketch Pen Duick VI est devenu un voilier patrimonial vivant<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/skietnaviguerensemble.fr\/blog\/pen-duick-vi-tabarly\/#Ce_que_Pen_Duick_VI_apprend_sur_la_navigation_et_la_gestion_de_la_toile\" >Ce que Pen Duick VI apprend sur la navigation et la gestion de la toile<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Pourquoi_Pen_Duick_VI_a_ete_construit_pour_la_Whitbread_de_1973\"><\/span>Pourquoi Pen Duick VI a \u00e9t\u00e9 construit pour la Whitbread de 1973<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pen Duick VI na\u00eet dans un moment pr\u00e9cis de l\u2019histoire maritime. La Whitbread Round the World Race 1973-1974, devenue ensuite la Volvo Ocean Race puis The Ocean Race, impose un tour du monde en \u00e9quipage par les grands caps. Les concurrents doivent traverser les d\u00e9pressions de l\u2019Atlantique Sud, l\u2019oc\u00e9an Indien et le Pacifique sans disposer des moyens de communication, de routage et de surveillance m\u00e9t\u00e9o accessibles aux \u00e9quipages de 2026.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9ric Tabarly veut alors un voilier capable de porter beaucoup de toile, tout en gardant une structure assez solide pour encaisser les chocs de mer. Le programme ne vise pas une travers\u00e9e de plaisance. Il vise des milliers de milles au large, des quarts continus et une vie collective \u00e0 bord. Le bateau est pr\u00e9vu pour un \u00e9quipage d\u2019environ quatorze personnes, ce qui explique son volume, son d\u00e9placement et l\u2019organisation de son pont.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Andr\u00e9 Mauric dessine le projet dans le cadre de la jauge IOR, tr\u00e8s influente dans les r\u00e9gates internationales des ann\u00e9es 1970. Cette jauge cherchait \u00e0 comparer des monocoques tr\u00e8s diff\u00e9rents au moyen d\u2019un temps compens\u00e9. Elle poussait les architectes \u00e0 trouver un compromis entre longueur \u00e0 la flottaison, d\u00e9placement, largeur, tirant d\u2019eau et surface de voile. Pen Duick VI ne cherche donc pas seulement la vitesse brute. Il doit rester comp\u00e9titif selon une r\u00e8gle de course pr\u00e9cise.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La construction est men\u00e9e \u00e0 l\u2019Arsenal de Brest dans un calendrier tr\u00e8s serr\u00e9. L\u2019objectif est simple, rejoindre la ligne de d\u00e9part de la premi\u00e8re Whitbread. Ce d\u00e9lai r\u00e9duit laisse peu de place aux essais prolong\u00e9s et aux corrections progressives qui accompagnent habituellement un prototype. Un bateau de course oc\u00e9anique peut \u00eatre dessin\u00e9 sur plan pendant des mois, mais ses d\u00e9fauts apparaissent souvent apr\u00e8s plusieurs jours de mer form\u00e9e.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re participation \u00e0 la Whitbread montre imm\u00e9diatement la duret\u00e9 de ce programme. Deux d\u00e9m\u00e2tages, lors des premi\u00e8re et troisi\u00e8me \u00e9tapes, \u00e9cartent Pen Duick VI de la victoire attendue. Ces avaries ne r\u00e9duisent pas le bateau \u00e0 un \u00e9chec technique. Elles rappellent plut\u00f4t ce qu\u2019\u00e9tait la course au large de cette p\u00e9riode, une discipline o\u00f9 le mat\u00e9riel, les hommes et les m\u00e9thodes \u00e9taient soumis \u00e0 des charges encore mal document\u00e9es.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pr\u00e9paration d\u2019un voilier destin\u00e9 aux hautes latitudes ne se limite jamais \u00e0 la coque et aux voiles. Les \u00e9quipiers doivent pouvoir r\u00e9parer, r\u00e9duire la toile, man\u0153uvrer de nuit et conserver un rythme de sommeil malgr\u00e9 le froid, l\u2019humidit\u00e9 et le bruit. Sur un ketch de 22 m\u00e8tres, une man\u0153uvre mal anticip\u00e9e engage plusieurs personnes et des charges importantes dans les \u00e9coutes, drisses et tangons. La vitesse n\u2019a de valeur que si elle peut \u00eatre tenue pendant plusieurs jours.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le financement du projet refl\u00e8te aussi la place particuli\u00e8re de Pen Duick VI. La construction repose sur un r\u00e9seau de partenaires et de fournisseurs, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les budgets des grandes campagnes fran\u00e7aises restent \u00e9loign\u00e9s des structures industrielles actuelles. Cette mobilisation permet de mettre \u00e0 l\u2019eau un bateau ambitieux, mais elle impose aussi une pression de r\u00e9sultat. Chaque d\u00e9part devient la d\u00e9monstration d\u2019un choix collectif, technique et humain.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour lire cette p\u00e9riode avec les crit\u00e8res actuels, il faut \u00e9viter de comparer directement Pen Duick VI aux monocoques \u00e0 foils ou aux IMOCA modernes. Les performances, les mat\u00e9riaux et le routage ont chang\u00e9. Le point commun demeure la m\u00eame \u00e9quation, partir avec un bateau suffisamment puissant pour avancer vite et suffisamment fiable pour ne pas perdre la course sur une rupture \u00e9vitable. Pen Duick VI appartient \u00e0 cette phase o\u00f9 la course oc\u00e9anique fran\u00e7aise apprend \u00e0 construire ses grandes unit\u00e9s.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Greement_et_dimensions_de_Pen_Duick_VI_le_choix_dun_grand_ketch_aluminium\"><\/span>Gr\u00e9ement et dimensions de Pen Duick VI, le choix d\u2019un grand ketch aluminium<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pen Duick VI mesure <strong>22,25 m\u00e8tres hors tout<\/strong>, pour 18,80 m\u00e8tres \u00e0 la flottaison. Sa largeur atteint 5,50 m\u00e8tres, son tirant d\u2019eau 3,40 m\u00e8tres et son d\u00e9placement environ 32 tonnes. Ces chiffres d\u00e9crivent un voilier lourd au regard des standards de course actuels, mais coh\u00e9rent avec l\u2019objectif de 1973, tenir la mer et porter une charge de voiles importante sur des parcours oc\u00e9aniques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La coque est construite en Duralinox, un alliage d\u2019aluminium adapt\u00e9 \u00e0 la construction navale. Ce mat\u00e9riau offre une r\u00e9sistance int\u00e9ressante pour un grand monocoque, tout en restant r\u00e9parable par soudure dans des conditions que le bois ou les composites de l\u2019\u00e9poque ne rendaient pas toujours aussi simples. L\u2019aluminium n\u2019efface pas les contraintes. Il impose une surveillance de la corrosion \u00e9lectrolytique, de l\u2019isolation des m\u00e9taux diff\u00e9rents et de l\u2019\u00e9tat des soudures.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>\u00c9l\u00e9ment technique<\/th>\n<th>Valeur<\/th>\n<th>Lecture pour la navigation<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Longueur hors tout<\/td>\n<td>22,25 m<\/td>\n<td>Grande plateforme destin\u00e9e aux travers\u00e9es avec \u00e9quipage<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Largeur<\/td>\n<td>5,50 m<\/td>\n<td>Volume int\u00e9rieur et stabilit\u00e9 de forme<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tirant d\u2019eau<\/td>\n<td>3,40 m<\/td>\n<td>Quille profonde, incompatible avec de nombreux petits ports<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>D\u00e9placement<\/td>\n<td>32 tonnes<\/td>\n<td>Inertie \u00e9lev\u00e9e et charges importantes dans la mer form\u00e9e<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Voilure au pr\u00e8s<\/td>\n<td>260 m\u00b2<\/td>\n<td>Puissance \u00e0 doser selon la force r\u00e9elle du vent<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Gr\u00e9ement<\/td>\n<td>Ketch Marconi<\/td>\n<td>Surface r\u00e9partie entre grand m\u00e2t et m\u00e2t d\u2019artimon<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>gr\u00e9ement de ketch Marconi<\/strong> constitue l\u2019un des traits les plus visibles du bateau. Le grand m\u00e2t porte la grand-voile et les voiles d\u2019avant. En arri\u00e8re du gouvernail ou tr\u00e8s proche de celui-ci selon la g\u00e9om\u00e9trie retenue, le m\u00e2t d\u2019artimon porte une voile suppl\u00e9mentaire. Cette disposition permet de fractionner la surface totale. Dans le vent fort, il devient plus facile de r\u00e9duire une partie de la toile sans transformer le bateau en plateforme sous-toil\u00e9e.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La surface annonc\u00e9e au pr\u00e8s est de 260 m\u00b2. Aux allures portantes, les spinnakers peuvent approcher 350 m\u00b2. Sur un bateau de 32 tonnes, ces surfaces cr\u00e9ent des efforts qui ne se r\u00e9sument pas \u00e0 la force ressentie dans une \u00e9coute. Elles se transmettent aux m\u00e2ts, aux cad\u00e8nes, aux winches, aux poulies et \u00e0 la structure de pont. Une rafale de 35 n\u0153uds sous spi ne se g\u00e8re pas par une correction isol\u00e9e \u00e0 la barre. Elle exige une coordination entre les \u00e9quipiers et une r\u00e9duction d\u00e9cid\u00e9e avant que le bateau parte \u00e0 l\u2019abatt\u00e9e.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le ketch pr\u00e9sente un autre avantage pour les grandes travers\u00e9es. Il permet d\u2019\u00e9quilibrer le voilier avec diff\u00e9rentes combinaisons de voiles. Grand-voile r\u00e9duite, artimon, trinquette et foc peuvent maintenir une assiette plus stable qu\u2019un plan de voilure concentr\u00e9 sur un seul m\u00e2t. Cette souplesse demande cependant une vraie comp\u00e9tence de r\u00e9glage. Chaque voile influe sur le centre de pouss\u00e9e et donc sur l\u2019effort demand\u00e9 au safran.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La taille du bateau ne doit pas masquer cette r\u00e9alit\u00e9. Un grand voilier peut para\u00eetre rassurant parce qu\u2019il absorbe mieux le clapot et conserve son cap par inertie. Pourtant, les man\u0153uvres sont plus physiques, les cons\u00e9quences d\u2019une erreur plus lourdes et les r\u00e9parations plus complexes. Sur Pen Duick VI, les \u00e9quipages doivent g\u00e9rer une masse importante, des espars hauts et des voiles qui ne se manipulent pas comme celles d\u2019un croiseur de 10 m\u00e8tres.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour une navigation patrimoniale actuelle, ce type de voilier demande une pr\u00e9paration adapt\u00e9e \u00e0 sa cat\u00e9gorie de navigation. D\u00e8s que le programme d\u00e9passe les <strong>6 milles d\u2019un abri<\/strong>, l\u2019armement de s\u00e9curit\u00e9 applicable doit \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9 dans la division 240 publi\u00e9e par le minist\u00e8re charg\u00e9 de la mer, dans sa version en vigueur. En navigation hauturi\u00e8re, la dotation, les moyens de communication et la capacit\u00e9 de l\u2019\u00e9quipage \u00e0 agir apr\u00e8s une avarie comptent autant que le dessin de la coque.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pen Duick VI montre ainsi que la robustesse ne consiste pas \u00e0 ajouter du m\u00e9tal partout. Elle vient d\u2019un ensemble coh\u00e9rent, coque, appendices, gr\u00e9ement, accastillage, voiles et proc\u00e9dures de quart. Cette coh\u00e9rence explique pourquoi le bateau peut rester actif plus d\u2019un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s sa mise \u00e0 l\u2019eau.<\/p>\n\n<figure class=\"is-provider-youtube is-type-video wp-block-embed wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Marie Tabarly et Pen-Duick VI au Cap Horn : attention, frissons garantis !\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/xcS8Y07eWgE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_courses_au_large_de_Pen_Duick_VI_avec_Eric_Tabarly\"><\/span>Les courses au large de Pen Duick VI avec \u00c9ric Tabarly<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les premi\u00e8res ann\u00e9es de Pen Duick VI sont marqu\u00e9es par un contraste net. La Whitbread 1973-1974 donne au bateau une visibilit\u00e9 internationale, mais les d\u00e9m\u00e2tages emp\u00eachent le r\u00e9sultat esp\u00e9r\u00e9. Cette exp\u00e9rience ne retire rien \u00e0 la pertinence du projet. Elle fournit au contraire des informations concr\u00e8tes sur les contraintes impos\u00e9es par les longues \u00e9tapes et les mers du Sud.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bateau trouve ensuite sa mesure dans plusieurs courses de l\u2019Atlantique. En 1974, Pen Duick VI gagne la Bermudes-Plymouth, premi\u00e8re d\u2019une s\u00e9rie de victoires qui confirme son potentiel. Deux ans plus tard, il remporte le Triangle de l\u2019Atlantique. Ces r\u00e9gates exigent des choix de route, une gestion des fronts et une capacit\u00e9 \u00e0 maintenir un rythme soutenu sans d\u00e9grader le mat\u00e9riel.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La course la plus associ\u00e9e \u00e0 Pen Duick VI reste la Transat anglaise de 1976, entre Plymouth et Newport. \u00c9ric Tabarly y part seul sur un voilier normalement pr\u00e9vu pour un \u00e9quipage de quatorze personnes. Il gagne apr\u00e8s <strong>23 jours et 20 heures<\/strong> de mer. Cette dur\u00e9e doit \u00eatre lue avec le contexte de l\u2019\u00e9poque, avant les syst\u00e8mes de pilotes automatiques actuels, les fichiers m\u00e9t\u00e9o re\u00e7us en continu et les communications satellites utilis\u00e9es par les skippers modernes.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pilote automatique tombe en panne quatre jours apr\u00e8s le d\u00e9part. Tabarly doit alors barrer une grande partie de la travers\u00e9e, tout en assurant les changements de voiles, la cuisine, la surveillance de la structure et les r\u00e9parations courantes. Cinq temp\u00eates successives sont mentionn\u00e9es dans les r\u00e9cits de cette course. Le r\u00e9sultat ne repose pas sur une image de marin solitaire invuln\u00e9rable. Il repose sur une gestion de fatigue, une connaissance fine du bateau et une capacit\u00e9 \u00e0 diminuer la voilure avant que les conditions ne l\u2019imposent.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La victoire de 1976 donne \u00e0 Pen Duick VI une place singuli\u00e8re dans l\u2019histoire maritime fran\u00e7aise. Le bateau prouve qu\u2019un grand ketch peut gagner une course en solitaire, malgr\u00e9 son d\u00e9placement et sa conception initiale. Cette performance ne signifie pas que le format serait raisonnable pour un plaisancier moderne. Un voilier de 22 m\u00e8tres men\u00e9 seul au large impose des risques qui d\u00e9passent la simple exp\u00e9rience de la navigation c\u00f4ti\u00e8re.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bateau participe de mani\u00e8re non officielle \u00e0 la Whitbread 1977-1978, puis repart en 1981-1982 sous le nom d\u2019Euromarch\u00e9. Il termine cinqui\u00e8me sur 27 concurrents. \u00c0 cette date, les dessins \u00e9voluent vite et les nouveaux voiliers sont plus sp\u00e9cialis\u00e9s. Cette cinqui\u00e8me place montre n\u00e9anmoins que Pen Duick VI demeure capable de parcourir le monde \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9, malgr\u00e9 une g\u00e9n\u00e9ration de retard technique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les courses de cette \u00e9poque \u00e9clairent une diff\u00e9rence majeure avec la voile contemporaine. Les unit\u00e9s modernes gagnent beaucoup par le calcul de structure, les mat\u00e9riaux composites, l\u2019\u00e9lectronique et l\u2019analyse m\u00e9t\u00e9o. Pen Duick VI gagne d\u2019abord par sa tenue, son plan de voilure modulable et l\u2019endurance de ceux qui l\u2019embarquent. La logique reste valable sur tout bateau, r\u00e9duire avant la survente, garder une marge m\u00e9canique et prot\u00e9ger l\u2019\u00e9quipage avant de d\u00e9fendre une place au classement.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les archives film\u00e9es restent utiles pour observer les gestes de bord, mais elles ne doivent pas servir de mod\u00e8le op\u00e9rationnel sans mise \u00e0 jour. Les r\u00e8gles de s\u00e9curit\u00e9, les \u00e9quipements individuels et les proc\u00e9dures de d\u00e9tresse ont \u00e9volu\u00e9. Pour une navigation r\u00e9elle, les bulletins de M\u00e9t\u00e9o-France, les avis de navigation et les consignes du CROSS comp\u00e9tent priment sur les habitudes h\u00e9rit\u00e9es des ann\u00e9es 1970.<\/p>\n\n<figure class=\"is-provider-youtube is-type-video wp-block-embed wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"1975 - Pen Duick VI\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/uu_BvC2idek?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Comment_le_ketch_Pen_Duick_VI_est_devenu_un_voilier_patrimonial_vivant\"><\/span>Comment le ketch Pen Duick VI est devenu un voilier patrimonial vivant<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un bateau de course peut devenir une pi\u00e8ce de mus\u00e9e, rester \u00e0 quai et ne plus naviguer. Pen Duick VI suit une autre voie. Son int\u00e9r\u00eat tient justement \u00e0 la continuit\u00e9 entre patrimoine et usage. Il conserve une valeur historique parce qu\u2019il navigue encore, avec les contraintes que cela impose \u00e0 une coque en aluminium, \u00e0 un gr\u00e9ement ancien et \u00e0 des \u00e9quipements qui doivent r\u00e9pondre aux exigences contemporaines.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Marie Tabarly est aujourd\u2019hui propri\u00e9taire et skipper de Pen Duick VI. Son projet Elemen\u2019Terre utilise le bateau comme plateforme de navigation, de cr\u00e9ation et de sensibilisation aux questions environnementales et sociales. Cette orientation \u00e9loigne le voilier de la seule comm\u00e9moration. Les voyages vers l\u2019Islande, le Groenland, les Cara\u00efbes, la Patagonie ou l\u2019Antarctique replacent le bateau dans des zones o\u00f9 les effets du climat, de l\u2019\u00e9loignement et des ressources limit\u00e9es ne sont pas abstraits.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le navire a \u00e9galement pris part \u00e0 l\u2019Ocean Globe Race 2023, course autour du monde en \u00e9quipage inspir\u00e9e des formats historiques. Le principe ne consiste pas \u00e0 reproduire exactement les conditions de 1973. Les \u00e9quipages naviguent dans un cadre r\u00e9glementaire et de s\u00e9curit\u00e9 actuel. La course rappelle toutefois ce que signifiait parcourir les oc\u00e9ans avant le routage num\u00e9rique permanent et avant les liaisons satellites disponibles \u00e0 bord de la plupart des unit\u00e9s de course.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mention d\u2019un classement de Pen Duick VI au titre des monuments historiques en 2025 renforce cette reconnaissance patrimoniale. Cette protection ne dispense pas d\u2019un entretien exigeant. Elle ajoute m\u00eame une responsabilit\u00e9, pr\u00e9server les \u00e9l\u00e9ments caract\u00e9ristiques du bateau sans le figer dans un \u00e9tat incompatible avec la navigation. Les choix de restauration doivent donc distinguer ce qui rel\u00e8ve de l\u2019authenticit\u00e9 historique, de la fiabilit\u00e9 m\u00e9canique et des obligations de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La visite d\u2019un grand voilier historique apporte une lecture concr\u00e8te de l\u2019ergonomie de bord. La position des postes de man\u0153uvre, la hauteur des hiloires, le passage des drisses ou l\u2019acc\u00e8s aux zones de vie montrent comment l\u2019\u00e9quipage travaille. Sur Pen Duick VI, le pont n\u2019est pas un d\u00e9cor. Il organise des d\u00e9placements sous g\u00eete, de nuit, avec du mat\u00e9riel lourd et parfois dans une mer qui oblige \u00e0 se tenir en permanence.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les visites virtuelles et les ressources mises en ligne permettent d\u2019observer ces d\u00e9tails avant une mont\u00e9e \u00e0 bord. Elles donnent des rep\u00e8res, mais elles ne remplacent pas une formation pratique. Savoir identifier une b\u00f4me, une \u00e9coute ou un winch ne suffit pas \u00e0 participer \u00e0 une man\u0153uvre sur un voilier de 22 m\u00e8tres. Il faut conna\u00eetre la zone de recul d\u2019une b\u00f4me, anticiper la charge d\u2019une voile et \u00e9couter la personne qui coordonne la man\u0153uvre.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une navigation patrimoniale r\u00e9ussie commence par une s\u00e9lection lucide des \u00e9quipiers. Elle demande des personnes capables de se d\u00e9placer avec un gilet adapt\u00e9, de supporter des quarts, de respecter les consignes et de signaler rapidement une fatigue ou une blessure. Le prestige du bateau ne r\u00e9duit pas les risques. Il impose au contraire une discipline plus nette, car la masse, les surfaces de voile et la distance \u00e0 un abri augmentent les cons\u00e9quences d\u2019une erreur.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le projet actuel maintient ainsi Pen Duick VI dans une position rare. Il reste un t\u00e9moin des r\u00e9gates des ann\u00e9es 1970 tout en servant de support \u00e0 une navigation contemporaine. Cette continuit\u00e9 donne au patrimoine maritime une utilit\u00e9 concr\u00e8te, transmettre des pratiques, rappeler les limites de la mer et montrer qu\u2019un bateau ancien peut encore porter un projet collectif.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Ce_que_Pen_Duick_VI_apprend_sur_la_navigation_et_la_gestion_de_la_toile\"><\/span>Ce que Pen Duick VI apprend sur la navigation et la gestion de la toile<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le premier enseignement de Pen Duick VI concerne la r\u00e9partition de la puissance. Un ketch ne se r\u00e8gle pas comme un sloop moderne \u00e0 un seul m\u00e2t. Le grand m\u00e2t, l\u2019artimon et les voiles d\u2019avant permettent plusieurs \u00e9quilibres. Une voile d\u2019artimon bien r\u00e9gl\u00e9e peut stabiliser le bateau, tandis qu\u2019une mauvaise combinaison augmente la pression sur la barre et fatigue inutilement le barreur ou le pilote.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette logique reste valable sur des voiliers plus petits. Lorsqu\u2019un bateau devient ardent, avec une tendance marqu\u00e9e \u00e0 remonter au vent sous rafale, ajouter de la puissance n\u2019est pas la r\u00e9ponse. Il faut d\u2019abord observer la g\u00eete, le cap, la tension de l\u2019\u00e9coute et le creux des voiles. R\u00e9duire une voile, aplatir la grand-voile ou ouvrir l\u00e9g\u00e8rement la chute produit parfois plus de vitesse moyenne qu\u2019un r\u00e9glage qui cherche \u00e0 conserver toute la toile.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le second enseignement porte sur la fatigue. En 1976, la panne du pilote automatique de Pen Duick VI transforme la Transat anglaise en effort physique et mental continu. Sur une navigation actuelle, un pilote op\u00e9rationnel ne doit jamais \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme acquis. Avant une travers\u00e9e, il faut contr\u00f4ler l\u2019alimentation \u00e9lectrique, le v\u00e9rin, le calculateur, le capteur d\u2019angle et la possibilit\u00e9 de barrer manuellement si le syst\u00e8me s\u2019arr\u00eate.<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>V\u00e9rifiez le pilote automatique au port puis sous voile, avec plusieurs angles de vent et une mer d\u00e9j\u00e0 form\u00e9e.<\/li><li>Pr\u00e9parez une r\u00e9duction de voilure avant que le vent \u00e9tabli d\u00e9passe la capacit\u00e9 habituelle de l\u2019\u00e9quipage \u00e0 man\u0153uvrer.<\/li><li>R\u00e9partissez les quarts selon la dur\u00e9e du parcours, car une veille d\u00e9grad\u00e9e apr\u00e8s 18 heures produit des d\u00e9cisions tardives.<\/li><li>Gardez un moyen de communication conforme \u00e0 la zone de navigation et contr\u00f4lez son alimentation avant le d\u00e9part.<\/li><li>Consultez les bulletins de M\u00e9t\u00e9o-France et les avis du CROSS avant une sortie hauturi\u00e8re, puis r\u00e9\u00e9valuez la situation en mer.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le troisi\u00e8me enseignement touche \u00e0 la robustesse. Pen Duick VI est lourd, m\u00e9tallique et con\u00e7u pour traverser. Pourtant, les d\u00e9m\u00e2tages de la Whitbread 1973-1974 rappellent qu\u2019aucune conception ne rend un bateau indiff\u00e9rent aux charges r\u00e9p\u00e9t\u00e9es. L\u2019inspection d\u2019un gr\u00e9ement doit porter sur les c\u00e2bles, les embouts, les ridoirs, les barres de fl\u00e8che, les cad\u00e8nes et les zones de frottement. Une pi\u00e8ce apparemment secondaire peut entra\u00eener une avarie majeure lorsque le vent s\u2019installe \u00e0 30 n\u0153uds.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les \u00e9quipages qui naviguent sur des monocoques de croisi\u00e8re entre 9 et 14 m\u00e8tres, l\u2019inspiration ne consiste pas \u00e0 reproduire les man\u0153uvres d\u2019un maxi. Elle consiste \u00e0 reprendre sa m\u00e9thode. Chaque voile doit avoir une fonction, chaque r\u00e9duction doit \u00eatre pr\u00e9par\u00e9e, chaque \u00e9quipier doit conna\u00eetre son poste et la d\u00e9cision de renoncer doit \u00eatre prise avant l\u2019\u00e9puisement. Un d\u00e9part report\u00e9 reste une d\u00e9cision de navigation normale lorsque la m\u00e9t\u00e9o, le bateau ou l\u2019\u00e9quipage ne tiennent pas le programme.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9glementation fran\u00e7aise distingue notamment l\u2019armement basique, c\u00f4tier, semi-hauturier et hauturier selon la distance d\u2019un abri. La division 240, consultable aupr\u00e8s du minist\u00e8re charg\u00e9 de la mer, fixe les \u00e9quipements \u00e0 embarquer et doit \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e dans sa version applicable au jour du d\u00e9part. Un gilet, une VHF ou un radeau ne remplacent ni la pr\u00e9paration ni la capacit\u00e9 \u00e0 utiliser le mat\u00e9riel dans le mauvais temps.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pen Duick VI reste donc un bateau d\u2019histoire, mais son int\u00e9r\u00eat d\u00e9passe la nostalgie. Son gr\u00e9ement, ses victoires et ses avaries rappellent une r\u00e8gle qui ne vieillit pas. La navigation gagne en fiabilit\u00e9 quand l\u2019\u00e9quipage accepte de diminuer la toile et de diff\u00e9rer le d\u00e9part avant que la mer ne d\u00e9cide \u00e0 sa place.<\/p>\n\n<script type=\"application\/ld+json\">\n{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@type\":\"FAQPage\",\"mainEntity\":[{\"@type\":\"Question\",\"name\":\"Quel type de voilier est Pen Duick VI ?\",\"acceptedAnswer\":{\"@type\":\"Answer\",\"text\":\"Pen Duick VI est un grand monocoque en aluminium gru00e9u00e9 en ketch Marconi. 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Il mesure 22,25 m\u00e8tres hors tout, d\u00e9place environ 32 tonnes et a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u par Andr\u00e9 Mauric pour les courses oc\u00e9aniques de la jauge IOR.<\/p>\n<h3>Pourquoi \u00c9ric Tabarly a-t-il choisi un gr\u00e9ement de ketch ?<\/h3>\n<p>Le ketch permet de r\u00e9partir la surface de voilure entre le grand m\u00e2t, l\u2019artimon et les voiles d\u2019avant. Cette organisation facilite l\u2019adaptation de la toile dans le vent fort et aide \u00e0 \u00e9quilibrer un grand voilier sur les longues routes oc\u00e9aniques.<\/p>\n<h3>Quelle course Pen Duick VI a-t-il gagn\u00e9e en solitaire ?<\/h3>\n<p>\u00c9ric Tabarly a remport\u00e9 la Transat anglaise de 1976 entre Plymouth et Newport \u00e0 bord de Pen Duick VI, apr\u00e8s 23 jours et 20 heures de mer. Le pilote automatique \u00e9tait tomb\u00e9 en panne quatre jours apr\u00e8s le d\u00e9part.<\/p>\n<h3>Qui navigue aujourd\u2019hui sur Pen Duick VI ?<\/h3>\n<p>Marie Tabarly, propri\u00e9taire et skipper du bateau, conduit Pen Duick VI dans le cadre du projet Elemen\u2019Terre. Le voilier poursuit des navigations, des actions de transmission et des projets li\u00e9s aux enjeux environnementaux et sociaux.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pen Duick VI est le sixi\u00e8me voilier de la s\u00e9rie voulue par \u00c9ric Tabarly. Construit en 1973 pour la premi\u00e8re Whitbread, ce ketch en aluminium de 22,25 m\u00e8tres a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 pour les routes longues, les mers du Sud et les \u00e9quipages nombreux. 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